ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS


ASSOCIATION ET INFORMATIQUE ADAPTÉ AU CAMEROUN

Des associations s’occupent de l’informatique adaptée à la déficience visuelle au Cameroun: que fait donc le système éducatif

Au Cameroun, plusieurs associations s’intéressent à la nouvelle alphabétisation des déficients visuels à l’aide des technologies innovantes comme outils de communication. La plupart de ces associations, se sont intéressés au départ de l’intégration socioprofessionnelle du handicapé visuel. Avec la globalisation du monde, elles se soucient davantage de l’autonomie des déficients visuels à travers l’accessibilité à l’usage des Technologies de l’Information et de la Communication.

C’est ainsi qu’au Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), on observe particulièrement la mise en oeuvre des programmes d’alphabétisation à l’usage de l’écriture braille aussi bien intégral qu’abrégé, à la dactylographie braille et ordinaire, de formation à la mobilité, au sport, à l’élevage et l’artisanat afin de facilité l’insertion socioprofessionnelle. L’appui à la scolarisation des déficients visuels avec l’Ecole Primaire Bilingue Intégrée Louis Braille (EPBILB). Aujourd’hui, tout cela est couronné par l’accessibilité de l’informatique spécialisée au handicap visuel.

Au Collège de la retraite de Yaoundé, un centre sous-régional de formation à l’informatique adaptée à la déficience visuelle pour l’Afrique Centrale y est abrité. Ce centre est l’oeuvre d’une union tripatite entre l’ANAC (Association Nationale des Aveugles du Cameroun), le MINAS (Ministère des Affaires Sociales) et l’AVH (Association Valentin Haüy). Toute personne déficiente visuelle, élève ou non soucieuse de suivre une formation en informatique adaptée peut s’y former gratuitement. Le centre dispose d’un matériel ordinaire et adapté. La formation est centré sur un premier temps sur la connaissance de l’environnement d’apprentissage et des outils utilisés par les apprenants, ensuite l’usage de quelques logiciels particulièrement le logiciel de traitement de texte Word, enfin l’usage d’Internet pour s’informer et communiquer à travers le monde, etc.

L’Association Nationale des Aveugles Utilisateurs du Matériel Informatique du Cameroun (ANAUMIC) est l’association la plus jeune de toute. Crée en Août 2008, elle se fait connaître au fil des jours. Son objectif vise à mettre à la disposition des déficients visuels, les technologies innovantes et adaptées au handicap visuel requises pour l’accès à l’informatique en tant que discipline scolaire et outils d’information et de communication. Cette structure, l’ANAUMIC, encore à ses débuts se voient confronter à quelques problèmes particulièrement celui d’un financement permettant de rendre effectif les projets. Pour un premier temps, le Président de la structure et son Secrétaire Général se battent à travers les média visuels particulièrement les journaux et audio, la radio pour faire connaître l’ANAUMIC au grand public. Ils incitent également les déficients visuels, les familles de déficients visuelles et tout être humaine à comprendre qu’après la perte de vue, le handicapé visuel peut posséder une seconde vue s’il se laisse aller au merveille et au miracle que procure l’informatique adaptée à la déficience visuelle.

Avec les TIC, le non-voyant peut voir de nouveau d’autant plus qu’il peut écrire à la saisie de texte, il peut se relire à l’aide d’une synthèse vocale, il peut s’informer, il peut s’instruire, il peut aller aussi loin que possible avec les études. À ce titre, je vous conseille de lire les aveugles au travail de Philippe CHAZAL. Cet ouvrage vous édifiera davantage.

Quelques structures comme celles qui viennent d’être énoncées se battent afin que le déficient visuel ne soit pas comme l’a dit Bill Gate l’analphabète du troisième millénaire, celui qui ne maîtrise pas l »usage de l’outil informatique. Une question se pose: le système éducatif camerounais, qui est sensé s’occuper particulièrement des apprenants handicapés, qu’a t-il fait afin que l’informatique adaptée à la déficience visuelle soit intégrée dans les programmes scolaires de ces apprenants et mis en pratique? Qu’en est-il de l’informatique adaptée au handicap visuel dans un système éducatif inclusif?

 

 

 


ENTRETIEN avec M. Daniel KENGNI TIOMO, enseignant spécialisé en informatique adaptée à la déficience visuelle au Centre sous-régional de formation à l’informatique adaptée.


 

Âgé de 34 ans, M. KENGNI est un déficient visuel, plus précisément un non-voyant qui a su aller au-delà de son handicap afin de braver les épreuves auxquelles fait face au quotidien le handicapé visuel. C’est à ce titre qu’il est titulaire d »une maîtrise en sociologie et possède une expérience de quatre année d’expérience en tant qu’enseignant. C’est un travailleur social et formateur des formateurs aussi bien pour l’encadrement des enfants inadaptés que pour l’enseignement de l’informatique adapté. Il forme des apprenants déficients visuels en informatique adapté à leur handicap dans le centre sous-régional de formation à l’informatique adaptée à la déficience visuelle en Afrique Sub sahérienne abrité par le Collège de la Retraite.

 

C’est à cet effet qu’il accepte un entretien avec nous de laquelle ressort les propos suivants:

 

Carine NGATSI: Méthodes d’enseignement, encadrement théorique et suivi des connaissances des apprenants Déficients Visuels (DV) en informatique adaptée.

 

M. Daniel KENGNI: Dans le cadre de mon travail, étant en face des aveugles comme moi, j’utilise la technique de l’illustration représentative ou représentation mentale. Elle consiste pour moi en temps qu’enseignant, de pouvoir rapprocher l’objet virtuel en objet matériel, pour que l’apprenant puisse se saisir de sa réalité physique. Cette approche permet de rendre facile la compréhension du cours.

En ce qui concerne le suivi des apprenants, je passe radicalement par des évaluations écrites et pratiques après chaque leçon.

 

Carine NGATSI: Matériels/outils pédagogiques et didactiques utilisés par l’enseignant et l’apprenant pour la transmission et l’assimilation des connaissances en informatique adaptée.

 

M. Daniel KENGNI: A ce niveau, nous utilisons beaucoup le logiciel de synthèse vocale (JAWS). Notre matériel de travail faut-il déjà le signaler, est composé au niveau de base par les outils ordinaires c’est-t-à dire une unité centrale, un écran, un clavier (modèle 105) touches, que nous sommes appelés à maîtriser. Pour dire que la synthèse vocale vient juste nous donner l’occasion de nous relire, de nous rendre compte, à partir des haut-parleurs, de tout ce qui est affiché à l’écran.

A côté de ce dispositif, nous concevons régulièrement à partir des difficultés individuelles de chaque apprenant, des supports de cours afin de favoriser l’assimilation des connaissances. Bien plus, nous mettons à leur disposition des micro-programmes développés spécialement pour ce type de formation.

 

Lorsqu’un apprenant veut travailler sous silence, il est bien possible pour lui, soit de connecter et d’enfiler un casque/écouteur, soit d’utiliser directement sa plage tactile sur laquelle il pourra lire du doigt les informations apparues à l’écran.

 

Carine NGATSI: Outils technologiques utilisés pour la transmission du traitement de texte et impact sur l’apprenant inadapté.

 

M. Daniel KENGNI: A ce niveau nous utilisons Microsoft Word, sous l’environnement Windows. A la fin des enseignements, nos élèves sont capables d’ouvrir ou de lancer ce programme d’application, de saisir, de mettre en forme, puis d’imprimer son texte. Ce qui peut déjà être considéré pour lui comme un gagne pain dans la vie. Pour les élèves en classe d’examen, il est possible d’augmenter leur rendement en apprenant à scanner les extraits/documents au programme.

 

Carine NGATSI: Méthodes d’évaluation des connaissances acquises et l’approche handicap visuel.

 

M. Daniel KENGNI: Généralement, nos sujets comportent trois principaux groupes :

 

Le premier est basé sur les connaissances générales (définition, questions, etc.). Le deuxième est basée sur les raccourcis-clavier utilisés pour effectuer certaines manipulations. Le troisième groupe concerne les différentes descriptions de processus ou étapes pour réaliser des opérations pratiques. La dernière porte sur les manipulations.

 

Carine NGATSI: Programme scolaire d’informatique adapté et premier contact de l’élève avec l’ordinateur.

 

M. Daniel KENGNI: Notre programme varie en fonction des différents niveaux scolaires. En sixième par exemple, une attention particulière est orientée vers la maîtrise du clavier. L’histoire de l’informatique a aussi une place de choix. L’environnement Windows et les programmes d’applications tel Microsoft Word et Excel, Omni Page, Internet explorer, Outlook express et JAWS sont au cœur de la formation.

 

Carine NGATSI: Impact du traitement de texte et de l’informatique adaptée dans l’éducation et la vie des élèves DV.

 

M. Daniel KENGNI: Cet enseignement leur apporte une autonomie énorme.

 

 

 

 

Je vous remercie pour votre disponibilité.


SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » fin.

Chapitre V : SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS

 

I- DIFFICULTEES RENCONTREES

 

Il peut arriver que l’apprenant soit fatigué non seulement par la frappe, mais aussi par l’écoute de la synthèse vocale, la lecture sur la plage ou à l’écran avec des gros caractères.

Cas particulier : problématique de l’apprentissage de l’informatique et du traitement de texte pour un non-voyant ne maîtrisant pas le braille, ni la dactylographie

Lorsqu’un non-voyant arrive en formation et qu’il ne maîtrise ni braille ni le clavier AZERTY : les difficultés se multiplient. De plus, il n’a aucune possibilité pour prendre des notes sauf en utilisant le système de cassettes, rendre aucun travail hormis avec l’aide d’un ou d’une secrétaire. La solution : il faut du temps et une grande motivation avec beaucoup de travail et de courage pour progresser. Pour cela, la solution pédagogique individualisée peut être apportée : on travaillera davantage l’écoute (machine à lire, cassette, synthèse vocale….).

Le braille informatique est plus saillant et souvent plus facile à décoder que le braille papier. Toutefois, il demande des capacités cognitives importantes et beaucoup de courage, une motivation solide. Il faut que la personne soit prête pour s’investir dans le braille informatique car sinon elle se laisse vite « assistée » par la synthèse vocale et abandonne la lecture sur le terminal.

La synthèse vocale, même avec une simple oreillette, peut être considérée comme un tiers entre le formateur et le formé. C’est donc une gêne et une source d’erreurs possible. Cependant, la synthèse vocale reste précieuse, notamment pour certains apprenants braillistes trop lents et pour les amblyopes dont la vue se fatigue très vite. La relecture de textes en est alors d’autant facilitée.

 

la difficulté de navigation dans les boites de dialogue

 

Un travail pédagogique souvent difficile et long car la navigation dans les boîtes de dialogue est souvent pénible : le DV doit faire des choix et les informations sont denses. En conséquence, à chaque étude d’une nouvelle leçon, il est bénéfique en particulier avec les débutants, de construire en relief les principales boîtes de dialogue pour que l’apprenant victime du handicap visuel puisse avoir une représentation mentale de ces dernières. Ainsi, grâce au document thermogonflé, les apprenants ont les moyens d’appréhender les informations affichées à l’écran et de comprendre la structure organisationnelle de la boîte de message. Le four piaf est donc un outil idéal pour faire des matrices en relief et obtenir des documents adaptés ą la lecture tactile. Cette technique permet de faire ressortir en relief, sur un papier spécial réactif à la chaleur, des lignes noires, des polices braille et autres formes imprimées. En conséquence, le dessin en relief, quand il est légitime, représente un excellent moyen d’information, à condition de posséder au préalable une éducation du toucher.

 

Défauts de la synthèse vocale est que l’on ne suit pas : perfectionnement de la voix

 

II- SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS

 

Quelques conseils au formateur ou enseignant

- Pour bien appréhender les problèmes de manière à guider efficacement son élève, le formateur doit s’imposer d’opérer dans le même contexte que la personne non voyante, c’est-à-dire à l’aide de la synthèse et du clavier uniquement, et ne pas utiliser la souris.

- A l’instar de son élève, il doit s’imposer de bien écouter et comprendre l’information émise par la synthèse vocale, ceci est d’autant plus important que certaines informations émises par la synthèse ne sont pas reportées à l’écran.

- Lors des explications le formateur doit s’efforcer de toujours employer le même terme pour évoquer le même sujet afin de faciliter la mémorisation par l’apprenant.

- Durant l’enseignement, il est très important de veiller à ce que l’élève différencie sans équivoque, les commandes de l’éditeur vocal JAWS, de celles utilisées dans les applications.

 

Quelques astuces pour le formateur et l’élève

 

- La touche Windows permet d’ouvrir le menu Démarrer.

- La touche Alt permet d’aller sur les barres de menu des applications.

- La sélection dans la barre de menu se fait avec les touches flèches droite et gauche. L’ouverture des menus se fait avec la touche flèche bas.

- La sélection dans un menu ou dans une liste se fait avec les flèches haut et bas.

- L’entrée dans un sous-menu se fait avec la touche flèche droite.

- La validation sur une option de menu ou sur un bouton se fait avec la touche Entrée.

- La sélection d’un onglet se fait avec la combinaison Ctrl+Tab.

- Le déplacement dans une boîte de dialogue se fait avec la touche Tab.

- La touche espace permet de cocher ou décocher les cases à cocher.

- La sélection d’un bouton radio se fait avec les touches flèches bas et haut.

- L’ouverture d’un menu contextuel se fait en appuyant sur la touche correspondante située entre les touches Windows et Ctrl à droite de la barre d’espace.

 

Recommandations

 

* table ronde sur les élèves handicapés visuels spécifiques

* médiatisation fréquente des établissements ordinaire ayant pris en charge les élèves déficients visuels (programme télévisé, radio, création d’un cite Internet où l’on parlera des DV et de leur Scolarisation et leur utilisation de l’outil informatique au Cameroun.

* introduction de l’écriture braille dans les différentes écoles d’enseignement au Cameroun tel que l’ENS, l’ENIEG, etc.

* accompagnement psychologique des handicapés visuels;

* encouragement des diplômés à travers des bourses ou autres

* existence des textes qui oblige les autorités administratives des établissements scolaires ordinaires à prendre en charge les élèves DV

On n’apprend pas aux apprenants de brancher un appareil car c’est un risque et lorsqu’on parle d’adaptation, c’est avec un appareil déjà connecté.

 

CONCLUSION

 

Les TIC pour le non-voyant est un outil de travail pour la réalisation du traitement de texte. L’informatique au sens large, offre des possibilités en matière d’éducation, de communications, d’autonomie, d’intégration, de formation et d’emploi. Il est donc important que les apprenants DV comme les voyants, accèdent le plus possible à Windows, Word, Excel, Internet…

 

Soulignons également, qu’en milieu intégré, les adaptations en braille restent souvent lourdes malgré les progrès technologiques. Il faut donc tenir compte de cet aspect et prendre conscience qu’un jeune DV par rapport à un voyant devra par exemple, s’habituer à déballer seul son matériel, exemple bloc-notes, imprimante. Il devra aussi gérer son espace bureau, gérer son quotidien (encre, papier, connecter ses périphériques…). Quand son cours se termine, il devra tout remballer et avec beaucoup de précaution car ce matériel malgré tout est fragile. Dans ce cas de figure, nous constatons combien il est important de développer chez le jeune une autonomie gestuelle pour qu’il ne s’angoisse et ne s’énerve pas.

 

En conséquence, Quel que soit le handicap visuel, il existe des matériels adaptés pour tenter de palier ce handicap. Mais leur utilisation doit être accompagnée d’une pédagogie spécialisée.

 

 

 

 

 


PÉDAGOGIE SPÉCIALISÉE

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » suite

CHAPITRE 4 : TECHNIQUES SPECIALISEE POUR L’ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS

 

L’élève déficient visuel est un cas spécifique. Son encadrement nécessite des techniques pédagogiques spécialisées. En particulier lorsqu’on aborde la discipline informatique. On ne cesse de s’interroger sur la façon de transmettre les connaissances aux élèves non-voyants particulièrement pour cette nouvelle discipline qui cherche encore ses marques dans le système éducatif camerounais. Un ensemble d’information a été recueilli auprès des élèves et des enseignants d’informatique, afin de mieux saisir les techniques utilisées pour l’encadrement de cette catégorie d’élèves. Ce chapitre prend en compte les techniques spécifiques pour l’enseignement du traitement de texte aux apprenants non-voyants. Nous nous intéresserons à la pédagogie spéciale en salle de classe et en salle machine. Ce qui va nous conduire à la fin de ce chapitre à la conception d’un cours sur la sélection dans Microsoft Word, et à la conception et réalisation d’un didacticiel d’apprentissage interactif.


  1. Pédagogie spécialisée 

Comme son nom l’indique, la pédagogie spécialisée renvoie à une forme de transmission de connaissances appliquée à une catégorie spécifique d’élèves. Il s’agit ici des élèves aveugles. Cette pédagogie intègre la conduite des cours théoriques et pratiques.

 

II-2-1) Pédagogie spécialisée: en salle de classe

De prime abord, l’élève déficient visuel évolue dans un environnement qui n’est pas initialement le sien. Cela suppose des méthodes spécifiques propres à sa condition de handicapé visuel pour favoriser son inclusion scolaire. Cette approche pédagogique permet d’encadrer l’apprenant déficient visuel d’une manière particulière en ce sens qu’il est différent des autres.

- avant toute chose, l’apprenant déficient visuel doit avoir une connaissance de son environnement scolaire. Cette connaissance environnementale se fait généralement avant la rentrée scolaire. Il doit découvrir l’espace et pouvoir déceler et identifier les repères spatiaux de l’établissement comme la position de sa salle de classe, les toilettes, etc. Il devra maîtriser la description intérieure de ces pièces. .

- dans une salle de classe, l’élève non-voyant devra être assis de préférence sur le premier banc. Cette position permet à l’enseignant de toujours se rappeler de lui, afin de se rassurer à chaque fois que l’apprenant déficient visuel est au même niveau que ces camarades valides.

La voix de l’enseignant en pédagogie spécial devra être audible, tout ce qui est écrit au tableau devra aussi être dicté.

En cas de besoin, les mots difficiles devront être épelés. La description minutieuse voire tactile des données ou information est également capitale pour l’encadrement non élève dépourvu du sens de la vue. Ainsi, dans la mesure du possible, les objets physiques seront nécessaires pour permettre la saisie aisée des images au tableau noir.

On devra s’assurer aussi que l’élève non-voyant est accepté par ces camarades de classe. Cela passe par le partage de son banc avec un camarade clairvoyant. Il ne devra pas se sentir frustrer et rejeter. Au contraire, il serait davantage indispensable d’inspirer confiance en lui pour une meilleure assimilation des connaissances qui lui sont transmisses. Le non-voyant devra être gentil, sociable et discipliné afin que ses amis l’aident et le guide.


Évaluation en salle de classe

L’évaluation est une méthode d’apprentissage qui permet comme que le dit Kengni, « le suivi des apprenants ». Ce dernier pense qu’il faudrait passer radicalement par des évaluations écrites et pratiques après chaque leçon. Pour les apprenants NV, il existe plusieurs techniques d’évaluation qui s’affrontent ou se confrontent. En matière informatique généralement, Daniel Kengni déclare :

« nos sujets comportent trois principaux groupes :
Le premier est basé sur les connaissances générales (définition, questions, etc. Le deuxième est basé sur les raccourcis clavier utilisés pour effectuer certaines manipulations. Le troisième groupe concerne les différentes descriptions de processus ou étapes pour réaliser des opérations pratiques. La dernière porte sur les manipulations »
.

D’aucuns désirent que les apprenants NV traitent les épreuves en braille, tandis que l’enseignant consulte un traducteur. Cette méthode est généralement utilisée au Lycée de Nkol-eton. Mme Djem, Censeur du département d’informatique de cet établissement ne l’approuve pas du tout parce que semble-il renferme quelques difficultés. Elle se justifie :

« Les non-voyants ne devraient pas être intégrés en milieu scolaire inclusif mais dans des établissements scolaires spécialisés qui sont adaptés pour leur prise en charge. Ceux qui sont dans cet établissement n’ont pas de suivi. Qui les encadrera ? Les enseignants d’informatique que nous disposons ici sont très jeunes et n’ont reçu aucune formation pour suivre ces enfants. D’autre part, que ce soit en informatique ou dans les autres disciplines, il n’ya personne pour traduire leur épreuve en braille. Par conséquent, il ya un élève qui risquerait de reprendre sa classe l’année prochaine parce qu’il n’a pas été évalué. Il est vrai qu’il ya quelques personnes venant de PromHandiCam qui se sont portées volontaires pour accomplir cette tâche [traducteur bénévole] mais ils ne sont pas toujours là quand on a besoin d’eux d’autant plus qu’ils ne sont pas rémunérés. Et quand bien même ils sont là, ils ne remettent pas toujours les épreuves au moment opportun et se plaignent du temps insuffisant qu’on leur accorde. Néanmoins, nous ne pouvons pas leur donner des épreuves qui sont censées être confidentielles pour une longue durée. Il pourrait y avoir fraude ou fuite de données. Par conséquent, l’idée de scolariser les élèves DV dans un établissement inclusif est à proscrire. Je l’ai toujours dit, il ne faut pas toujours émettre des idées sans connaître les retombées et les difficultés qui s’en suivront. Il faut des mesures d’accompagnement pour qu’un non-voyant suive des études dans un établissement scolaire comme le nôtre (inadapté aux problèmes sociaux et à la déficience visuelle

- L’enseignant doit dicter les questions aux NV. C’est ce qui est fait dans la plupart d’établissement inclusif accueillant les NV. Selon Soh, enseignant d’informatique, « au sein du Lycée de Nkol-éton, les épreuves sont dictés pour les élèves NV « .

De plus en plus, l’utilisation de la machine mécanique à écrire est requise pour tous les élèves déficients visuels. C’est un moyen efficace par lequel l’élève répond fidèlement et individuellement aux questions. Cependant, elle possède un inconvénient majeur. L’élève ne pouvant se relire, il est par conséquent difficile de corriger les erreurs de frappe ou d’idées si ce n’est recommencer avec une nouvelle copie. Cette difficulté s’ajoute au problème de temps supplémentaire déjà inexistant.

 

 

II-2-2) Pédagogie spécialisé: en salle machine

La salle machine, lieu par excellence de l’application et de la réalisation du cours théorique vue en salle de classe, permet à l’apprenant de mieux s’exercer et d’évaluer son niveau de compréhension et d’aptitude face à la leçon. L’évaluation de la taxonomie de Bloom est faite afin de voir le niveau de progression de l’apprenant.

En ce qui est des épreuves d’évaluation ou de contrôle de connaissance en salle machine, il est plus avantageux qu’il soit conçu pour être traité sur ordinateur. Dans ce cas, l’apprenant, par le biais de l’audition, écoute l’épreuve et la traite également par le même canal. Cette voie a de nombreux atout en ce sens que l’apprenant peut se relire, il peut également convertir son texte en braille pour l’imprimer ou le conservé en écriture ordinaire. Cela diminue la charge de l’encadreur qui n’a plus besoin d’un traducteur spécialisé en braille pour le faire. Le coût pour contacter un traducteur est réduit et les risques de fraude ou de fuite d’information l’est également.

 

Un impératif pédagogique : la maîtrise du clavier

Avant d’aborder le cours du traitement de texte à l’aide de Word et d’enseigner les nouvelles technologies adaptées, il est impératif de maîtriser l’utilisation du clavier. Il s’agit en effet de l’outil qui va permettre au DV de communiquer avec son ordinateur. Si certaines contraintes peuvent sembler fastidieuses telles que le bon positionnement des mains sur le clavier ainsi que le respect du doigté requis pour accéder aux touches, l’application rigoureuse de ces règles seront par la suite extrêmement bénéfiques. En effet, une maîtrise insuffisante du clavier sera un obstacle pour l’apprenant DV lors de l’apprentissage du traitement de texte.

En plus de la description du clavier, il est important et nécessaire qu’une personne déficiente visuelle le découvre elle-même en y positionnant ses deux mains à plat, en les déplaçant de gauche à droite, ceci lui permettra de se faire une bonne représentation mentale de la disposition spatiale des différents blocs qui composent un clavier 105 touches pour Windows. Nous ne reviendrons pas, au risque de nous reprendre, sur la disposition des différents pavés du clavier de l’ordinateur.

 

Il est important dans les débuts d’apporter quelques conseils de base au niveau de la posture. Le dos est appuyé au dossier du siège tandis que les bras sont en souplesse contre le corps. Les poignets restent arrondis, détendus. Tout ce que le NV ne touche pas est inexistant pour lui. La maîtrise du traitement de texte passe donc par la maîtrise du clavier Azerty. Même la machine à écrire Azerty respecte le positionnement du clavier Azerty. Le toucher est méthodique est la technique utilisée d’autant plus que chaque doigt se place sur une lettre précise c’est-à-dire correspond à un doigt bien précis. Chaque doigt se détache de la main pour frapper et revient à sa position de départ, avant de relancer une nouvelle frappe. L’apprentissage du traitement de texte demande de la rigueur et de la technique. C’est pourquoi il faut encourager l’élève à bien positionner ses mains sur le clavier. Il doit se référer à certains repères. Partir de barre d’espacement, sur la deuxième ligne de touches, repérer les touches F et J marquée par un point en relief. Précisez aux élèves débutants que l’index gauche doit être sur le point en relief à gauche, lettre F et que l’index droit doit être sur le point en relief situé trois touches plus loin à droite, lettre J. L’élève doit être aidé pour le repérage des touches essentielles en informatique : Ctrl gauche et droite, Schift ou Maj, Windows, la touche Entrée…

 

REPRESENTATION MENTALE

En informatique adaptée, il est capital pour les élèves braillistes pendant le processus enseignement / apprentissage, de se faire une forte représentation mentale lorsqu’ils travaillent en se servant d’une synthèse vocale et d’un terminal braille de ce qu’est un écran ordinaire et de posséder de bonnes facultés de mémorisation. En effet, ne pouvant visualiser l’écran, l’aveugle doit se le représenter mentalement, le mémoriser, se rappeler l’enchaînement des événements. Il doit, pour se représenter la réalité, la structurer, solliciter beaucoup plus qu’une personne voyante, ses processus de mémorisation et de synthèse, donc déployer une activité cérébrale très importante. C’est dans cette perspective que Daniel Kengni déclare :

« Dans le cadre de mon travail, étant en face des aveugles comme moi, j’utilise la technique de l’illustration représentative ou représentation mentale. Elle consiste pour moi en temps que enseignant, de pouvoir rapprocher l’objet virtuel en objet matériel, pour que l’apprenant puisse se saisir de sa réalité physique. Cette approche permet de rendre facile la compréhension du cours » entretien réalisé le 02 mai 2009.

On comprend dès lors que pour qu’un aveugle puisse se représenter une fenêtre de Microsoft Word sur un écran d’ordinateur, il devra la considérer comme sa propre feuille braille sur laquelle il est en train de lire de la gauche vers la droite. Cela est également pareil pour la machine mécanique. Le sens du papier occupe aussi une dimension importante car, le non-voyant devra savoir s’il saisit son texte dans l’orientation portrait ou horizontale.

Au niveau de la mise en forme des caractères, le non-voyant devra savoir ce que sait que la sélection, la mise en évidence des éléments sélectionnés, et de pouvoir connaître par imagination quelle est la hiérarchie typographique des mises en évidence. Par exemple, les caractères gras, italique, la taille bref, le menu format devra être bien expliqué aux élèves déficients visuels. A ce niveau, les zones d’interaction telle les boîtes de dialogue seront d’une importance capitale à l’élève déficient visuel, pour lui faire comprendre qu’il agit parfaitement avec l’ordinateur.

 

Apprentissage et difficultés de l’informatique pour un déficient visuel

L’apprentissage du traitement de texte pour un déficient visuel (malvoyant et non-voyant) commence par une formation intensive en dactylographie car comme nous l’évoquions ci-dessus, c’est souvent son seul recours du fait qu’il ne puisse utiliser correctement la souris et qu’il ne puisse regarder les lettres du clavier. S’il utilise une plage braille tactile, il peut utiliser un clavier braille (8 touches représentant les 8 points) mais, si la frappe est souvent plus rapide, l’exécution des commandes est souvent plus complexe car élève doit se souvenir de nombreuses combinaisons de touches pour imprimer, enregistrer, mettre en forme, etc.

Toutes ces commandes demandent de la mémoire et, comme certains disent « en utilisant le clavier braille on me parle pas comme tout le monde ». Le clavier AZERTY est important car il permet de passer toutes les commandes et évite une fatigue visuelle notamment pour les amblyopes pour qui de toute évidence, l’utilisation de la souris à moyen terme est souvent complexe et source d’erreurs. Le non-voyant doit donc faire souvent appel à sa mémoire et à sa logique en cours de traitement de texte car il ne peut regarder facilement les informations affichées à l’écran. Il doit donc savoir comment aller chercher les différentes commandes à partir de son clavier :

Exemple :

Si le non-voyant veut présenter le titre de son document en gras, italique, souligné, en taille 20. Que doit-il faire sans utiliser la souris et la barre d’outils ?

Il peut employer la méthode suivante :

CTRL MAJ FLECHE BAS pour sélectionner le titre ;

Menu format que l’apprenant spécial peut atteindre en pressant ALT + T ou flèche droite jusqu’à FORMAT s’il ne connaît pas la lettre T (lettre soulignée) ;

Flèche bas jusqu’à la commande POLICE + validation avec la touche Entrée ;

2 fois tabulations pour arriver sur la liste STYLE qu’il déroulera avec flèche bas pour atteindre l’option GRAS ITALIQUE SOULIGNE.

Tabulation une nouvelle fois pour atteindre la rubrique TAILLE : soit il tapera la valeur souhaitée ou il cherchera avec la flèche bas 20.

Enfin, l’élève spécial tabulera plusieurs fois jusqu’au bouton OK pour valider son choix.

Pour la commande centrer, il utilisera le menu FORMAT/PARAGRAPHE…

Là encore, l’élève a besoin de savoir où se trouve la commande FORMAT/PARAGRAPHE et découvrir le contenu de la boîte de dialogue. Il faut toujours donner des repères en précisant par exemple que le menu format permet différentes mises en forme tant pour les caractères que pour les paragraphes…

En résumé, plus que toute autre, l’apprenant déficient visuel doit développer sa mémoire pour compenser son handicap. Cette aide lui est précieuse pour ses études et le sera davantage en milieu professionnel. L’apprentissage des raccourcis-clavier développe les capacités de mémorisation mais il est certain qu’avec un apprenant ayant des difficultés d’ordre psychologique, le travail de mémorisation est plus laborieux.

I. approche didactique

La didactique implique en matière d’enseignement, le recours aux divers supports permettant d’accompagner les apprenants dans leur processus d’assimilation de connaissance. Ainsi énoncé, l’intérêt porté sur les différentes ressources numériques, documentaires et autres, contribue à renforcer les aptitudes des apprenants même en l’absence de leur enseignant. Cette dimension s’impose encore plus chez les déficients visuels. Cela peut se traduire par des supports de cours, dans toutes les versions, à condition qu’il soit accessible aux élèves non et malvoyants.

Exemple d’un cours spécifique incluant les ressources de l’informatique adaptée

Comment éditer un texte à l’aide des commandes de sélection.

La sélection de texte est une fonction très puissante de Windows particulièrement utile dans le traitement de texte. En effet, elle vous permettra notamment de supprimer, de remplacer, de copier ou de déplacer des blocs de texte. Vous l’utiliserez également pour modifier la taille et l’apparence de votre texte.

Le texte surligné est facilement reconnaissable en braille par les points 7 et 8 formant une ligne continue sous les caractères. En synthèse vocale, JAWS lit automatiquement toute portion de texte surlignée à l’écran. Visuellement, le texte surligné apparaît à l’écran en polarité inversée, c’est-à-dire en caractères blancs sur fond noir dans un texte écrit en noir sur blanc. Si vous avez un résidu visuel, le passage surligné est facilement repérable à l’écran.

Le texte surligné peut être remplacé par n’importe quel texte ou simple caractère tapé au clavier. Dans plusieurs situations, il s’agit d’un avantage mais c’est également une arme à deux tranchants, car un texte surligné peut parfois être détruit accidentellement. Rassurez-vous, cependant : Windows a prévu une commande universelle pour réparer ce genre de gaffe. C’est la commande annuler qui correspond à la combinaison de touches ctrl-z.

Comme pour la lettre z qui est la dernière de l’alphabet, la commande annuler part de la dernière modification apportée au texte et vous permet de revenir en arrière. Dans certaines applications Windows, elle ne permet de défaire que la dernière opération effectuée, mais dans Word, vous pouvez, en répétant ctrl-z, revenir jusqu’à cent modifications en arrière. Une vraie machine à remonter le temps! Il s’agit donc d’une commande très importante à toujours garder en mémoire. Cette possibilité de remonter dans le temps ne serait pas complète s’il n’y avait pas également une commande pour annuler les annulations, au cas où vous reviendriez un peu trop loin en arrière. En toute logique, après avoir utilisé ctrl-z pour revenir en arrière, c’est la combinaison ctrl-y (i grec) qui permet de revenir dans l’autre sens. Comme ctrl-z, vous pouvez l’utiliser jusqu’à cent fois dans Word.

Pour sélectionner du texte, vous pouvez utiliser trois méthodes différentes. La première est universelle et fonctionne dans toutes les applications Windows y compris Word, la seconde ne fonctionne que dans Word et la troisième se réalise sur l’afficheur braille.

La première méthode implique toujours l’utilisation de la touche majuscule qui doit demeurer enfoncée pendant que vous déplacez le curseur par les flèches de direction ou avec d’autres touches de déplacement. La seconde utilise plutôt la touche f8 que vous devez taper avant de déplacer le curseur pour créer la sélection. Vous terminez l’opération de sélection avec la touche échapper. La deuxième méthode comporte un avantage pour les lecteurs braille parce qu’il est plus facile d’exécuter les commandes d’une seule main et de garder l’autre main sur l’afficheur braille.

Pour faire disparaître la sélection sans faire disparaître le texte surligné, vous pouvez simplement sortir de la sélection en déplaçant le curseur avec l’une des flèches de direction. Si vous sortez avec la flèche gauche ou la flèche haut, le curseur se placera au début du passage qui était sélectionné. Si vous sortez au contraire avec la flèche droite ou la flèche bas, le curseur se placera à la fin du passage qui était sélectionné.

À n’importe quel moment, vous pouvez demander à JAWS de vous relire le texte sélectionné avec la commande majuscule, pour le surlignement, combinée à la commande dire tout, insère-flèche bas ou 0-2 sur le pavé numérique. Vous formerez ainsi une combinaison de trois touches : majuscule-insère-flèche bas ou, si vous préférez, majuscule-0-2.

Exercice d’application 1 :

Utiliser la sélection avec majuscule.

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

 

2. Tapez les noms des 12 mois de l’année sans ajouter d’espace à la fin de la ligne.

3. Revenez au début de la ligne avec origine. Puis, sélectionnez le mot « janvier » avec majuscule et sept flèches vers la droite.

4. Tapez la lettre T. La sélection a disparue et a été remplacée par la lettre T.

5. Annulez cette opération avec ctrl-z. Le mot « janvier » est réapparu, toujours surligné.

6. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur le caractère J qui marquait le début du passage sélectionné.

7. Sélectionnez toute la ligne avec majuscule flèche bas. JAWS vous lit les mois de janvier à décembre qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

8. Réduisez maintenant la sélection avec majuscule et neuf flèches vers la gauche. Le mot « décembre » est maintenant exclu de la sélection.

9. Sortez de la sélection avec une flèche droite, votre curseur est placé sur le D de décembre. Quand toute la ligne est surlignée, un caractère invisible est ajouté qui est le marqueur de fin de ligne ou de paragraphe. Il faut donc faire neuf déplacements plutôt que huit pour se retrouver sur le D de décembre.

Comme la sélection utilise toujours des touches de déplacement, ajoutez à votre bagage quelques nouvelles commandes de déplacement qui vous faciliteront la vie pour sélectionner des blocs entiers. Il s’agit de ctrl-flèche droite et ctrl-flèche gauche qui déplacent le curseur d’un mot entier et le placent au début du mot suivant ou précédent. Une fois jumelées à la touche majuscule, ces commandes vous permettront de sélectionner le mot suivant ou le mot précédent en une seule opération. De même, vous pouvez ajouter la touche majuscule à d’autres commandes de déplacement que vous connaissez déjà pour en faire des commandes de sélection. Maj-ctrl-flèche haut et maj-ctrl-flèche bas vous permettent de sélectionner paragraphe par paragraphe, maj-origine et maj-fin, de sélectionner jusqu’au début ou à la fin de la ligne, maj-ctrl-origine et maj-ctrl-fin, de sélectionner jusqu’au début ou à la fin du document. Enfin, une commande à retenir absolument est la combinaison ctrl-a. Elle vous permet de sélectionner tout le document en une seule opération, vous permettant d’appliquer des changements globaux comme changer la police ou la taille des caractères.

 

Exercice d’application 2 :

Utiliser la sélection avec f8.

 

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

2. Revenez deux mots en arrière en exécutant deux fois ctrl-flèche gauche. Vous êtes maintenant au début du mot « octobre ».

3. Sélectionnez le mot « septembre » avec f8, suivi de ctrl-flèche gauche et terminez la sélection avec la touche échapper. Vérifiez le résultat avec votre afficheur braille ou, vocalement, avec majuscule insère-flèche bas, majuscule-0-2 sur le pavé numérique. Attention, vous devez utiliser la majuscule de gauche.

4. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur la lettre S qui marquait le début du passage sélectionné.

5. Allez au début de la ligne avec origine.

6. Sélectionnez les mots « janvier » à « mai » avec f8 et ctrl-flèche droite, mais n’utilisez pas immédiatement la touche échapper. JAWS vous lit les mots janvier jusqu’à mai qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

7. Réduisez maintenant la sélection avec ctrl-flèche gauche deux fois et terminez la sélection avec échapper. Les mots « janvier » à « mars » sont maintenant sélectionnés.

8. Sortez de la sélection avec une flèche droite, votre curseur est placé sur le A de « avril » qui suit immédiatement le passage qui était sélectionné.

 

Exercice d’application 3 :

Utiliser la sélection braille.

 

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

2. Revenez deux mots en arrière en exécutant deux fois ctrl-flèche gauche. Vous êtes maintenant au début du mot « février ».

3. Sélectionnez le mot « février » avec la commande sélection braille au début et à la fin du mot. Vérifiez le résultat avec votre afficheur braille.

4. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur la lettre F qui marquait le début du passage sélectionné.

5. Allez au début de la ligne avec origine.

6. Sélectionnez les mots « janvier » à « novembre » avec la commande sélection braille sur le J de « Janvier », la commande droite de votre afficheur braille et l’espace qui suit le mot « novembre ». JAWS vous lit les mots janvier jusqu’à novembre qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

7. Sortez de la sélection avec une flèche droite. Votre curseur est placé sur le D de « décembre » qui suit immédiatement le passage qui était sélectionné.

Maintenant que vous avez expérimenté les trois techniques de sélection, vous pourrez choisir celle que vous préférez retenir.

 

Utiliser le presse-papiers.

La sélection de texte est le premier pas vers des opérations d’édition de texte beaucoup plus importantes. Vous allez donc apprendre à couper, copier et coller des portions de texte. Ces trois opérations marquent sans conteste la supériorité du traitement de texte sur la machine à écrire. Pour couper ou copier du texte, il faut commencer par le sélectionner. C’est la façon d’indiquer à Windows sur quelle portion du texte portera l’opération. Si vous coupez le texte avec ctrl-x, il disparaîtra de son emplacement actuel et pourra reparaître à un autre endroit si vous décidez de le coller avec ctrl-v. C’est une façon de le déplacer.

Pour le copier, la commande à utiliser est ctrl-c. Pour vous aider à mémoriser ces commandes. Remarquez qu’elles sont toutes situées sur la dernière ligne de votre clavier à l’extrême gauche. La première de la série est le Z pour la commande annuler que nous avons vue plus haut. La deuxième est le X qui sert à couper et qui ressemble, en imprimé, à une paire de ciseaux ouverts. La troisième est le C comme dans copier. La dernière est le v, pour coller, comme dans velcro.

Si vous voulez simplement détruire le texte sélectionné, vous pouvez utiliser la touche supprimer ou retour arrière. Le texte sera alors enlevé sans être placé dans le presse-papiers. Quand il est coupé ou copié, le texte est placé temporairement dans un endroit appelé le presse-papiers et peut y demeurer jusqu’à ce que vous en ayez besoin ou que vous quittiez Windows.

 

Exercice d’application 4 :

Utiliser le presse-papiers pour couper et coller.

 

1. Vous avez complété l’exercice 5 et vous êtes dans un document Word intitulé Exercice 2, au début du mot « décembre ». Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%. Sinon, exécutez la procédure pas à pas indiquée plus haut.

2. Sélectionnez le mot « décembre » avec maj-ctrl-flèche droite ou la commande sélection braille de votre afficheur braille.

3. Coupez-le avec ctrl-x.

4. Allez au début de la ligne avec origine et collez-le avec ctrl-v. Remarquez que Word gère les espaces de façon intelligente et a donc ajouté automatiquement une espace entre les mots « décembre » et « janvier ». Le curseur est placé après l’élément collé, au début du mot « janvier ».

5. Déplacez-vous au mot « novembre » avec ctrl-flèche droite répété autant de fois que nécessaire. Sélectionnez le mot « novembre » avec maj-ctrl-flèche droite ou à l’aide de votre afficheur braille.

6. Coupez-le avec ctrl-x.

7. Revenez en arrière jusqu’au début du mot « janvier » avec ctrl-flèche gauche répété autant de fois que nécessaire et collez-le avec ctrl-v. Remarquez encore une fois que Word a ajusté correctement le nombre d’espaces avant et après le mot.

8. Poursuivez cet exercice en utilisant les mêmes commandes jusqu’à ce que les douze mois soient disposés en ordre chronologique inversé de décembre à janvier.

Cela peut vous paraître fastidieux, mais la répétition contribuera à faire de cette manœuvre un réflexe sur lequel vous pourrez désormais compter, vous permettant de vous concentrer sur le contenu et non plus sur la technique.

 

II. CONCEPTION D’UN DIDACTICIEL

Description des technologies ou logiciels utilisés pour la réalisation du didacticiel

Configurer le PC pour optimiser Jaws : quelques règles techniques

Les réglages de Windows et des applications

L’évolution de Jaws permet de s’affranchir de certaines restrictions relatives au mode d’affichage et à l’apparence de Windows. Jaws accepte de travailler dans toutes les résolutions mais la compatibilité maximum est assurée pour 1024*768 pixels. Pour une meilleure lisibilité, notamment sous Windows XP, il est souhaitable d’utiliser l’apparence Windows Standard.

 

Configurer le menu Démarrer de Windows XP

Par défaut, le menu Démarrer de Windows XP se présente sur deux colonnes et ses options se modifient en fonction de l’utilisation. Afin de travailler dans de meilleures conditions, il est recommandé de lui donner une apparence standard.

1. Amener le curseur sur le bouton Démarrer (touche Windows puis [Echap]), ouvrir le menu contextuel et valider sur l’option Propriétés.

2. Aller, si nécessaire, dans l’onglet Menu démarrer et cocher le bouton radio Menu Démarrer classique puis valider.

 

 


OUTILS TECHNOLOGIQUES ADAPTÉS AU HANDICAP VISUEL

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » suite

CHAPITRE 3 : LE MATERIEL INFORMATIQUE ORDINAIRE ET ADAPTE

 

Les activités scolaires auxquelles participent les déficients visuels revêtent un caractère spécial. Ce caractère l’est effectivement surtout quand on aborde la discipline informatique. A l’aube de cette recherche, nous nous sommes posés beaucoup de questions. Après la collecte des données, il est venu le moment de les présenter aux fins d’une compréhension exacte des mécanismes de fonctionnement des outils informatiques, avec un point d’honneur porté sur l’utilisation de ces derniers par les élèves déficients visuels. Le présent chapitre intègre les dimensions tels les outils spécialisés pour l’enseignement du traitement de texte aux apprenants non-voyants, quelques aspects du rôle de la pédagogie spécialisée pour l’encadrement des élèves déficients visuels en informatique, et l’apport des logiciels adaptés en informatique aux élèves aveugles.

 

I-1 TECHNOLOGIE ORDINAIRE ET APPROCHE ADAPTEE

II-1-1 outils technologiques ordinaires

Les outils technologiques ordinaires sont ceux qui ont été conçus de prime abord pour les personnes valides. Leur utilisation par les personnes handicapées visuelles n’est possible qu’à partir de méthodes spécifiques d’utilisation.

 

1- le système d’exploitation Windows

Traduit littéralement, Windows signifie Fenêtres. C’est un système d’exploitation produit par Microsoft. Il a substitué MS-DOS. Depuis les années 1990, il a monopolisé pratiquement le secteur commercial en équipement d’ordinateur personnel. La gamme Windows a évolué en plusieurs branches. La première branche va de la version Windows 1 à 3.11. en 1985. Ces premières versions de Windows étaient lancées depuis DOS. C’est pourquoi Windows a été dénommé comme un environnement graphique sur un noyau DOS. Windows NT (Nouvelle Technologie) ou Windows 2000 est apparue en 1993. Il est principalement destiné aux entreprises. La branche NT est née de la séparation de Microsoft et d’IBM sur le développement du système d’exploitation OS/2 et visait à concurrencer les systèmes utilisés en entreprise.

Windows 9x ou 3ème branche fait parallèlement son apparition en 1995 que la branche précédente. Utilisé par le grand public, elle avait pour objectif de remplacer la première branche. Il a connu plusieurs évolutions sous le nom de Windows 95, puis Windows 98 et Windows Me (Millenium Edition), qui ont permis de confirmer la popularité des systèmes d’exploitation de Microsoft. Ces différentes versions ont souffert d’une réputation d’instabilité et de vulnérabilité aux attaques par les réseaux.

Après la 4ème branche en 1996 à savoir Windows CE, Windows XP fait sa sortie en 2001 et précède ainsi Windows vista. Il naît en effet de la fusion entre Windows NT et Windows 9x. Il vise à la fois le grand public et les professionnels d’autant plus qu’il est plus stable et moins vulnérable. Windows intégré dès lors les fonctions d’un système d’exploitation, notamment un format d’exécutable propre, la gestion des processus en multitâche coopératif, la gestion de mémoire virtuelle, et des pilotes pour gérer l’affichage, l’impression, le clavier, le son, etc. on considère désormais que le DOS a bel et bien disparu des systèmes d’exploitation grand public de Microsoft.

Bien qu’il existe d’autres système d’exploitation, à l’instar de Linux, de Mac OS, etc., Windows demeure le système d’exploitation le plus utilisé en dépit des critiques qui lui sont faites par rapport à l’instabilité et la vulnérabilité de son système. Pour nos recherches, nous avons utilisé le système d’exploitation Windows XP qui intègre les différents logiciels d’office parmi lesquels Word. Le système Windows selon les spécialistes des questions d’informatique pour déficients visuels, est compatible avec le logiciel de relecture d’écran JAWS. C’est ainsi que Jean Marie D’Amour et Martine D’Amour en collaboration avec Robert Deschênes et Chantal Nicole définissent l’environnement Windows comme étant : « Un environnement visuel qui imite le monde réel : la surface de votre bureau de travail» manuel401.html.

Certes Windows est un environnement visuel, mais des moyens alternatifs permettent aux déficients visuels d’effectuer plusieurs de ses opérations. C’est dans cette perspective que la presque totalité de ces opérations peuvent être réaliser par des commandes du clavier au détriment de la souris. Pour un élève déficient visuel donc, il va capitaliser ses manipulations sur la maîtrise parfaite du clavier. Les précédents auteurs affirment : « Le fonctionnement de Windows vous apparaîtra moins comme un jeu et exigera de vous plus de concentration ».

Après avoir présenté holistique ce qu’est Windows, il convient de préciser quels sont les principaux avantages liés à son utilisation par les élèves déficients visuels. Nous nous attarderons essentiellement sur deux de ceux-ci.

Un des grands avantages de Windows est la capacité d’utiliser de façon simultanée plusieurs applications. C’est ce que l’on appelle le multitâches. Fidèle à l’imitation du bureau ordinaire, ou encore du bureau physique, il est possible de garder ouvert en même temps plusieurs outils de travail comme le document qu’on est en train d’écrire, un autre qu’on lit. La seule limite est la quantité de mémoire vive ou mémoire de travail disponible sur votre ordinateur. Celle-ci est exprimée en mégaoctets ou Mo ou encore « megs » dans le langage courant dérivé de l’anglais « megabytes ».

 

Un dernier avantage de Windows est qu’il offre souvent plusieurs chemins pour arriver au même résultat. Cela peut paraître à première vue comme une complexité inutile. Cependant, comme il y a plusieurs façons de faire les choses, il est possible de choisir celle qui semble la plus facile. Et, quand les différents chemins proposés par Windows demeurent tous difficiles d’accès, JAWS vient au secours en proposant une façon mieux adaptée d’obtenir le résultat souhaité.

 

2- Le programme d’application Microsoft Word

a) Origine et évolution

Le programme d’application Microsoft Word permet d’effectuer le traitement de texte. Une présentation de l’origine du traitement de texte est faite en 2008 par Modeste NKUTCHET dans l’un de ses ouvrages scolaire d’informatique. S’étant aperçu que les paroles s’envolent et l’on ne peut plus s’en souvenir et/ou les réutiliser au moment opportun, l’homme a trouvé un moyen d’information et de communication à travers les écris qui ont trouvé leur origine sous le règne des pharaons en Egypte ; des techniques d’écriture et le papyrus pour y écrire.

Avant le développement des micro-ordinateurs et l’apparition des logiciels de traitement de texte, ce sont les machines à écrire qui servaient d’outil d’écriture mécanique. Sachant que l’utilisation des machines à écrire n’était pas aisée à cause de : l’impossibilité d’obtenir des copies du document saisi sans le recours au carbone, la pénibilité des corrections qui nécessitaient des liquides spéciaux pour masquer les fautes avant une refrappe, et la difficulté d’obtenir des documents de qualité et pour les déficients visuels particulièrement l’impossibilité de se relire et de se corriger sans le recours d’un clairvoyant.

 

b) L’avènement du traitement de texte

Le concept « traitement de texte » est apparu en 1964 chez IBM, en Allemagne, avec l’expression « Textverarbeitung » affirme Modeste NKUTCHET (2008). Il était, en fait, essentiellement utilisé en interne par cette compagnie. L’expression a été devenue traitement de texte en français. On s’apperçoit dans Initiation à l’ordinateur (1999) que le traitement de texte est possible à l’aide de nombreux logiciels allant du plus simple tels que WordPad et Bloc-Notes qui sont livrés avec Windows au plus sophistiqué mais plus cher comme WordPerfect, Lotus Ami Pro et Microsoft Word.

Ce dernier logiciel de traitement de texte a fait l’objet de notre étude, particulièrement la version 2003. Il dispose des fonctionnalités essentielles parmi lesquels :

  • La saisie et la mise en forme des textes ;

  • La vérification de l’orthographe des mots à partir du dictionnaire intégré ;

  • l’enregistrement des informations saisies dans un fichier ;

  • L’ouverture du texte sauvegardé dans le but d’apporter des modifications éventuelles par simple suppression ou ajout d’un caractère ou une chaîne de caractères, etc.

Dans cette présentation, les notions suivantes seront abordées :

- La saisie et la modification du texte dans l’application Microsoft Word ;

- La mise en forme du texte.

 

3- la souris

Le Dictionnaire Universel (1988) définit la souris comme un petit dispositif électronique de commande, manuelle et mobile, permettant de repérer et de pointer un point d’image sur l’écran. La souris sert de raccourcis pour accéder à la plupart des commandes. Elle sert à commander les logiciels et à se déplacer sur l’écran (initiation à l’ordinateur pour toute la famille 1999, P8). La souris sert surtout à naviguer sur l’écran et est particulièrement utile pour les logiciels de dessin et de peinture.

Il faut cependant relever que la souris n’est pas toujours connue sous la forme habituelle. Il existe pour ainsi dire des souris intégrées à certains logiciels à l’instar du logiciel de synthèse vocale JAWS. Et on peut dès lors comprendre qu’en l’absence du sens de la vue, il est donc possible d’utiliser un logiciel dont son application doit s’intégrer au clavier de l’ordinateur. Dans le même sens, les raccourcis clavier seront capitalisés lors des diverses manipulations chez les déficients visuels.

 

4- l’écran

Un écran est un périphérique de sortie d’ordinateur sur lequel s’affiche les données. Cet organe reflète les informations interprétées et transformées de l’analogie au numérique depuis l’unité centrale. Il peut également être considéré comme un moniteur. Aujourd’hui, l’évolution technologique a conçu des écrans tactiles où la manipulation des différentes rubriques et/ou fenêtre se fait à l’aide du toucher. L’interface n’est pas encore accessible au toucher par les personnes non-voyantes.


5- l’imprimante

L’imprimante est un appareil destiné à l’impression sur du papier les informations contenues dans l’ordinateur. Située généralement à côté de l’ordinateur, l’imprimante est considérée comme un organe de sortie qui permet de recevoir sur support physique les information apparaissant à l’écran.

 

II-1-2 outils technologiques spécialisés

Les technologiques adaptatives sont des aides techniques dont peuvent bénéficier les élèves en difficultés notamment les déficients visuels. Ce matériel spécialisé permet à ces élèves déficients visuels de s’approprier certaines tâches sur l’ordinateur comme la pratique du traitement de texte. Les outils spécialisés que nous avons recensés sont liés à trois sens précis qui sont la vue, le toucher et l’audition.


II-1-2-A Outils visuels

II-1-2-A-1) la loupe

La loupe est un instrument d’optique subjectif constitué d’une lentille convexe permettant d’obtenir d’un objet un agrandissement d’image. La souris est utilisée par les amblyopes c’est-à-dire les élèves frappés d’une acuité visuel faible pour se déplacer à l’écran tout en percevant ce qui y est affiché. Dans ce cas, un logiciel d’agrandissement à l’instar de Zoom text, doit être installé dans le PC (Personnal Computer).

 

II-1-2-B Outils tactiles


II-1-2-B-1) l’écriture braille

La création de l’écriture braille en 1825 pour les aveugles et par un aveugle nommé Louis Braille a été la première révolution pour les aveugles. Il s’agit de points en relief, lus à partir du toucher permettant ainsi aux aveugles de s’épanouir à travers l’écriture et la lecture. Cette forme d’écriture est analytique dans la mesure où, selon Christian Coudert, « L’écriture braille est un système de communication qui appartien à la linguistique » (2005). On peut comprendre en ces termes qu’en tant que ensemble des signes et symboles permettant aux aveugles de pouvoir communiquer entre eux, l’écriture braille évolue avec le temps.

 

II-1-2-B-2) La plage tactile

Encore appelé terminale braille ou afficheur braille ou communément ordinateur de l’aveugle, cet appareil d’entrée et de sortie constituent une évolution de l’écriture braille du point de vue du développement de l’informatique adaptée. Il existe deux grandes familles de matériaux spécifiques pour la lecture braille :

La plage tactile, qui permet le suivi en braille des informations affichées en combinaison avec la synthèse vocale ou non. Elle est composée d’une barrette comprenant de picots qui reconstituent les cellules braille (pour les caractères). Ces picots sont mobiles (ils montent et descendent) au fur et à mesure de la lecture et écriture. Elle dispose également des curseurs éclaires destinés, par simple appui, à se positionner sur un élément précis de l’afficheur braille.

Il existe différentes dimensions de plage tactile : 20, 40, 60 ou 80 caractères. La plage tactile restitue les informations affichées à l’écran. Dorénavant, certaines plages brailles peuvent se connecter en Bluetooth (sans fil), exemple le modèle POCKET VARIO, SUPER VARIO… Sur la majeure partie de ces barrettes, les caractères brailles peuvent être enfoncés avec le doigt (grâce à la présence de routines curseurs) de manière à simuler un clic de la souris sur le caractère.

Le bloc-notes : il a pratiquement la même fonction que la plage tactile. Il offre la possibilité d’une lecture et d’une écriture indépendante de l’ordinateur grâce à leurs fonctionnalités internes. L’écriture nécessite la saisie de texte à partir d’un clavier spécifique pour les personnes aveugles.

Il peut être livré avec un clavier AZERTY ou un clavier BRAILLE (PERKING) avec les points brailles. Lorsque l’on écrit avec ce dernier type de clavier, il suffit de taper en même temps sur les touches correspondantes pour obtenir les caractères.

Connecté au pc, le bloc-notes peut devenir plage braille. En mode autonome, le bloc-notes permet de prendre des notes lors d’une réunion, lire dans le train, de saisir ses cours… Attention, néanmoins avec un bloc-note, l’élève apprend à travailler sur un document virtuel. Il doit donc avoir une aisance de navigation dans son document, et cela se fait rapidement car l’outil s’y prête. La gestion des fichiers et dossiers doit être enseignée impérativement car il ne doit pas se retrouver « sur-handicapé » dans cette tâche. En effet, si l’élève est intégré, il faut comprendre que le voyant recherchera rapidement le « bon cahier », il doit en être de même pour l’enfant aveugle.

 

II-1-2-B-3) Le clavier

Le clavier est un outil pouvant être considéré comme une technologie ordinaire. Dans le cas de l’apprentissage des TIC pour apprenant DV, l’usage du clavier devient spécifique. Il est défini par le Dictionnaire Universel (1988), comme l’ensemble des touches d’un ordinateur. Dans INITIATION à L’ORDINATEUR pour toute la famille, il est dit que le clavier permet de saisir du texte et des chiffres, de commander les logiciels et de se déplacer sur l’écran (P8). Le clavier est la voie de communication directe entre l’utilisateur et l’ordinateur.

- Le clavier d’un PC est essentiel. Il se compose de quatre parties principales :

D’un clavier de machine à écrire autrement dit touches alphanumériques: elles comprennent les lettres, les nombres, et les symboles de ponctuations.

 

- Le pavé numérique: il ressemble aux touches d’une calculatrice

- D’un jeu de touches de fonctions : elles se trouvent au-dessus du clavier alphabétique et sont identifiées par la lettre F suivi d’un nombre (F1, F2, …, F12) pour effectuer des tâches spécifiques.

 

- Ainsi que d’un pavé de touches de direction ou de déplacement du curseur avec des flèches permettant de se déplacer sur l’écran. Elles sont divisées en deux parties: les touches fléchées qui permettent de déplacer le curseur sur l’écran dans le sens de la flèche et les touches Inser, Suppr, pge, suiv, origine, et Fin qui sont regroupées au-dessus de ces quatre touches.

La spécificité de cet organe d’entrée est avérée. Il est considéré pour les déficients visuels comme la porte d’entrée pour l’utilisation autonome d’un ordinateur. A ce titre, sa maîtrise ne doit faire l’objet d’aucune économie.

 

II-1-2-B-4) L’imprimante braille

On retrouve plusieurs types d’imprimante braille et à chacune d’entre elle correspond une description particulière.

L’imprimante Braille INDEX Basic-D est une embosseuse recto-verso utilisant le principe d’impression continue sur papier listing. Sa vitesse est de 90 caractères par seconde (mode recto-verso) ; elle est livrée avec WinBraille, logiciel d’édition de textes en Braille sous Windows. Elle offre des points Braille d’excellente qualité, le procédé d’impression réduisant le risque de trous et de points craquelés. Elle bénéficie d’une nouvelle interface utilisateur très conviviale fondée sur une ergonomie du panneau de commandes (en Braille et en « noir ») qui utilise une voix synthétique pour confirmer les commandes ou sélections.

L’imprimante Braille INDEX Everest est une embosseuse recto-verso, munie d’un chargeur feuille à feuille, dont la vitesse d’impression est de 100 caractères par seconde (en mode recto/verso). Tout comme la précédente, elle est livrée avec WinBraille et offre une sélection des paramètres contrôlés par un affichage numérique, un niveau sonore bas. Ses caractéristiques sont pratiquement les mêmes que pour la Basic-D. L’atout principal est qu’il est moins coûteux. Toutes les qualités de papier ayant un grammage suffisant peuvent être utilisées, l’introducteur feuille à feuille pouvant en contenir de 100 à 150.S


II-1-2-C Outils d’audition


II-1-2-C-1) Hauts Parleurs

Le haut-parleur, baffle ou écran sonore permet d’émettre des sons. Cet organe de sortie est indispensable aux déficients visuels qui ne maîtrisent pas encore l’utilisation de l’afficheur braille. Les haut-parleurs permettent ainsi le retentissement de l’écho de la synthèse vocale.

 

II-1-2-C-2) Synthèse vocale

Bien que les TIC soient en cours d’intégration dans le système éducatif Africain en général et camerounais en particulier, elles demeurent mal connues et pratiquement pas accessibles aux handicapées visuelles et spécifiquement les élèves. En effet, pour les aveugles ou malvoyants, avoir accès à un ordinateur, requiert un lecteur d’écran. Christian Zambou, clairvoyant et formateur spécialisé dit du lecteur d’écran qu’il est « un logiciel spécial capable de transmettre le code informatique à une synthèse vocale, ou une plage braille. Ce, afin que l’écran puisse être consulté autrement que visuellement ».

Screen reader en anglais, un lecteur d’écran est semblable à un moniteur c’est-à-dire un périphérique de sortie usuel d’un ordinateur. C’est un logiciel pour déficients visuels, dit Wikipedia, qui tente d’identifier et d’interpréter ce qui est affiché sur un écran, ensuite le texte est retranscrit, soit en un texte braille, soit en un texte sonore (par synthèse vocale), c’est-à-dire un logiciel de TTS (Text To Speech: Synthèse vocale) en fonction de la langue sollicitée.

Il existe différents types de lecteurs d’écran utilisé par les différents systèmes d’exploitation.

Sous Mac OS X, on a VoiceOver (Interface en anglais uniquement), VisioVoice de la société AssistiveWare.

Sous linux, les lecteurs d’écran les plus connus sont : BRLTTY (BRaille TTY) et suse-blinux (BLind Linux) où le Braille est le format de sortie ; screader  qui a pour format de sortie la Synthèse vocale; etc.

Les plus connus sous Windows sont :

Le logiciel Narrator qui s’utilise avec Internet Explorer, l’explorateur de Windows, le panneau de configuration, Wordpad, Notepad, mais pas avec Office. Il lit aussi les boîtes de dialogues des applications Windows.

Les lecteurs d’écran commerciaux sous Windows dont le plus connu est :

Jaws (Job Access With Speech) de la société Freedom Scientific, braille et Synthèse vocale sont les formats de sortie ;

Vient ensuite Hal Screen Reader de Dolphin Computer Access, puis Window-Eyes de la société GW Micro. Ils ont tous le Braille et la Synthèse vocale comme formats de sortie) ;

Les autres lecteurs d’écran sous Windows sont :

Screenfull, c’est un des projets de SourceForge. Il fonctionne avec les différentes versions de Windows.

NVDA (NonVisual Desktop Access) est un nouveau lecteur d’écran gratuit et sous licence GPL. Ce logiciel est développé par Michael Curran avec l’appui de James ted. Il est traduit et adapté en français par Michel Such.

 

 

 

 

 

Le lecteur d’écran Jaws est celui que nous présenterons particulièrement d’autant que nous l’avons utilisé pour notre étude. Il a été choisi parce qu’il est adapté pour s’utiliser sous Windows et avec Microsoft Office Word.

Historique

L’américain Ted HENTER conçoit JAWS pour la première fois en 1989, logiciel permettant de rendre accessible MS-DOS aux déficients visuels; produit et commercialisé par la société Henter-Joyce. Cette dernière s’unit plus tard aux sociétés Blazie Engineering et ArkenStone pour former la société Freedom Scientific où Jaws est développé en partenariat avec Microsoft. Ce n’est qu’en 1993 que JAWS est adapté à l’interface graphique de Windows sous le vocable JFW (Jaws For Windows).

C’est en effet un lecteur d’écran sous Windows qui transforme ou modifie un texte affiché sur l’écran en un texte oral (accès vocal) ou un texte en braille tout en interagissant avec le Système d’exploitation et les logiciels et applications standards tels que MS Excel, MS Outlook, Outlook Express, Internet Explorer, MS Word…. Il s’utilise également avec une plage tactile c’est-à-dire un matériel spécifique permettant la lecture tactile  » braille ». De manière générale, Jaws peut être configuré dans un ordinateur portable ou de bureau avec l’environnement Windows 95, 98 et XP. L’utilisateur peut le personnaliser tout en y rendant accessible les applications non standards à l’aide des scripts. Il est parfaitement compatible avec l’utilisation simultanée des logiciels d’agrandisseur d’écran à l’instar de MAGIC 9.x pour les apprenants malvoyants.

M Castrillo & P Bossard, lors du Congrès de l’ARIBa 2002 Nantes, présente Jaws comme le logiciel spécifique permettant aux élèves et personnes braillistes de se faire lire vocalement par une voie de synthèse :

• Les informations affichées à l’écran.

• La saisie de caractères d’un document (à partir d’un traitement de texte: Word).

• La lecture de certains cédéroms (dictionnaire, encyclopédie…).

• La numérisation de documents à partir d’un scanner.

• L’accès à Internet en fonction de l’accessibilité des sites.

Bien que la synthèse vocale Jaws ait un coût très élevé, cela est pallié par des versions de démonstration gratuite et possédant les mêmes fonctionnalités que le logiciel. Il est fourni d’origine avec une synthèse vocale de base appelée Eloquence mais il est possible de lui en adjoindre une autre, au choix comme SAY IT PRO 2005 VS qui intègre les voix de Virginie et Sébastien, d’une qualité très proche de la voix humaine.

 

Les fonctionnalités de JAWS

Les fonctions de JAWS peuvent être répertoriées en deux catégories d’une part, les fonctions de lecture et d’épellation, et les fonctions d’information et d’accès au paramétrage permettant d’influer sur le comportement de l’éditeur vocal d’autre part.

- L’éditeur vocal JAWS

La fonction de ce logiciel est de capter l’information visuelle affichée à l’écran, afin de la traiter et de la restituer sous forme sonore grâce à l’appoint d’une synthèse vocale, et/ou tactile au moyen d’une plage braille, de manière à la rendre accessible. Ce logiciel peut être exploité de manière différente, selon l’équipement dont dispose l’utilisateur, ou selon ses préférences :

- à l’aide d’une synthèse vocale uniquement,

- en utilisant simultanément une synthèse vocale et une plage braille,

- en utilisant une plage braille uniquement,

L’apprenant ou l’établissement scolaire disposant à la fois de l’écho sonore et d’une plage tactile bénéficie assurément de l’outil idéal, en effet ces deux équipements se complètent avantageusement d’une part par la rapidité de l’écho sonore de l’éditeur vocal lors de la frappe, et par le positionnement précis que permet la plage tactile lors de corrections et/ou de modifications, d’autre part.

Le premier réglage qu’un apprenant débutant sera amené à opérer sera de régler les paramètres de la voix de manière à sélectionner le débit d’élocution et l’intonation qui lui conviennent, afin de démarrer son apprentissage dans les meilleures conditions de confort possible.

JAWS restitue vocalement les informations affichées à l’écran grâce à la carte son du micro-ordinateur. C’est la raison pour laquelle son utilisation impose un lieu isolé de tout bruit extérieur et une salle aérée où l’apprenant spécial doit être bien captivé par son travail et ne pas être distrait par l’extérieur. La voix de l’enseignant intervient pour orienter ou guider l’apprenant sur la manière de passer d’un texte à un autre. En classe, il est impératif d’utiliser des casques sinon vous imaginez le « bruit » dans la pièce.

 

Fonctions de lecture et commandes JAWS

La plupart des commandes de JAWS pour WINDOWS sont activées à partir de la touche INSER du clavier numérique, en combinaison avec une touche du clavier principal. Par conséquent, l’éditeur vocal verrouille systématiquement le clavier numérique en mode déplacement, et par conséquent les chiffres devront être incorporés à partir du clavier alphanumérique. Christian Zambou, Professeur d’informatique adapté en France, élabore quelques fonctions de lecture et commandes JAWS comme suit:

- Touche 5 sur pavé numérique annonce du caractère courant.

- Touche 5 sur pavé numérique pressée deux fois rapidement épellation télégraphique de ce caractère.

- Touche 4 sur pavé numérique ou flèche gauche sur clavier principal lecture et déplacement sur le caractère précédent.

- Touche 6 sur pavé numérique ou flèche droite sur clavier principal lecture et déplacement sur le caractère suivant.

- INSER+5 sur pavé numérique lecture du mot courant.

- INSER+(deux appuis successifs sur 5) sur pavé numérique épelle le mot courant.

- INSER+4 sur pavé numérique ou Ctrl+flèche gauche sur clavier principal lecture et déplacement sur le mot précédent.

- INSER+6 sur pavé numérique ou Ctrl+flèche droite sur clavier principal lecture et déplacement sur le mot suivant.

- INSER+8 ou flèche haut sur clavier principal lecture de la ligne courante.

- Touche 8 sur pavé numérique ou Flèche haut sur clavier principal déplacement et lecture de la ligne précédente;

- Touche 2 sur pavé numérique ou Flèche bas sur clavier principal déplacement et lecture de la ligne suivante.

- Alt+5 sur pavé numérique lecture de la phrase en cours.

- Ctrl+5 sur pavé numérique, lecture du paragraphe en cours.

- INSER+2 sur pavé numérique déclenche la lecture depuis la position du curseur jusqu’ą la fin du texte, avec ce type de lecture, une pression sur PAGE SUIV augmentera le débit, alors qu’une pression sur PAGE PREC produira l’effet contraire.

 

Quelques raccourcis d’informations JAWS bien utiles

- Un appui sur CTRL arrêté la lecture.

- INSER+T annonce le titre de la fenêtre active, dans une boîte de dialogue annonce également l’onglet actif.

- INSER+F renseigne sur le type de police, sa taille, sur le style de caractère, l’interligne et le formatage du paragraphe en cours.

- INSER+C lecture du mot mal orthographié tel qu’il apparaît dans le texte à utiliser dans la boîte de dialogue grammaire et orthographe de WORD.

- INSER+MAJ +FLECHE BAS sur pavé numérique lecture du texte sélectionné.

- INSER+B énumération des rubriques dans une boîte de dialogue dans l’ordre de tabulation.

- ALT+SUPPR annonce le curseur actif et sa position exprimée en centimètres, par rapport au bord gauche et au haut de page ainsi que le numéro de page en cours dans l’application WORD.

 

 

Un casque pour l’écoute silencieuse de la synthèse vocale

 

 

 

3- Scanner

Un scanner, ou numériseur à balayage est l’équivalent du terme anglais scanner, qui vient du verbe anglais to scan, signifiant « balayer » dans le sens de « parcourir une certaine étendue » comme le dit le dictionnaire électronique en ligne « Wikipedia ». Il est semblable au clavier en ce sens qu’il est un outil technologique ordinaire utilisé de manière spécifique par les DV. Le scanner peut être également utilisé comme outil adapté. Le scanner photographie le document imprimé et le met dans la mémoire de l’ordinateur. Ensuite, le logiciel de reconnaissance de caractères (OCR) reconnaît l’image et le transmet dans la mémoire de l’ordinateur. Dans notre contexte, le scanner ne doit pas se confondre à un scanner médical. Il s’agit d’un scanner de documents. C’est donc un appareil qui permet de numériser un document pour l’avoir sur ordinateur pour pouvoir le lire, le remodeler et l’imprimer ou le réimprimer.

L’utilisation du scanner par l’apprenant requiert, du point de vue pratique, une bonne autonomie gestuelle d’autant plus que l’élève apprend à mettre correctement le document sur le scanner. Au début de l’apprentissage, cette tâche apparaît difficile particulièrement si le document est volumineux mais progressivement, l’élève s’adapte. Il existe 2 principaux logiciels OCR accessibles :

OPEN BOOK (qui offre la possibilité, associé à un scanner, de lire, modifier et gérer les documents imprimés, en les numérisant et les convertissant en information numérique) ;

OMNIPAGE (qui est un logiciel de reconnaissance de caractères. Il nécessite l’adjonction d’un scanner au poste de travail. Le document imprimé est posé sur le scanner, le logiciel le numérise et traite les données de manière à restituer à l’écran le contenu de la page. Il possède une option qui permet de le faire travailler depuis Word, sans sortir de l’application).

Lancement du scanner depuis Word : Commandes utiles

- Ouvrez le menu Fichier et cliquez sur « Acquérir le texte ».

- Le scanner est alors lancé, puis la numérisation et la reconnaissance de caractères sont effectuées, et le texte reconnu apparaît dans le document Word à la position du curseur.

Par comparaison aux points embossés sur le papier, les points de l’afficheur paraissent plus distincts au toucher. De même, pour un débutant brailliste, il est plus facile de suivre la ligne en cours de lecture sur un afficheur braille que sur un livre, car il ne risque pas de glisser par erreur sur une autre ligne.

 

Le présent chapitre nous a donné l’occasion de présenter une panoplie de matériel informatique. La différence a été faite entre les outils informatiques ordinaires et adaptés. Il ressort que les outils ordinaires tels le clavier de l’ordinateur, l’écran et les autres périphériques de sortie, peuvent, selon les cas, être utilisés par les aveugles au même titre que les clairvoyants. Cependant, il existe des logiciels spécialisés dont l’utilisation après l’initiation comme JAWS, permet aux déficients visuels un accès à l’ordinateur en toute autonomie. Mais, comment procéder pour réussir une telle initiation ? Telle est la principale question à laquelle nous allons porter essentiellement l’attention dans le chapitre suivant.

 


THEORIES DE L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE AUX DEFICIENTS VISUELS

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » suite

 

Chapitre II : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE

 

Le présent chapitre porte l’attention sur le cadre théorique. Nous allons présenter les différents paradigmes utilisés dans notre démarche et la méthodologie du travail. Avant cela, il convient de définir les expressions clées de ce travail, démarche de tout chercheur, comme le dit David Émile Durkheim : « La première démarche (…) doit être de définir les choses dont il traite, afin que l’on sache et qu’il sache bien de quoi il est question » (1987 : 34). Ce volet va en effet, faciliter la compréhension des expressions et termes techniques pendant la lecture. Nous nous proposons donc de définir les expressions suivantes :

 

I- DEFINITION DES CONCEPTS CLES

Les termes et expressions suivants sont ceux que nous nous proposons de définir :

 

I-1 Expressions pédagogiques :

I-1-1) Pédagogie

Selon Winfried B-hm au colloque européen de Lilles, le mot « pedagogy » en anglais, malgré le fait qu’il soit peu utilisé, désigne les pratiques et les méthodes relatives à un certain apprentissage. C’est une théorie, une science de l’éducation. Ce terme désigne aussi un ensemble des qualités du pédagogue, c’est-à-dire celui qui sait enseigner, expliquer.

 

I-1-2) Education

Le mot éducation quant à lui désigne dans la pratique éducative, une réflexion théorique ou critique sur cette pratique. C’est ainsi q’on dira par exemple que l’éducation de cet enfant a été négligée. Avoir reçu une bonne éducation.

 

I-1-3) Enseignement spécialisé

L’enseignement renvoie à la transmission du savoir faire et du savoir être. Pour cela, il faut un émetteur et un récepteur. L’émetteur c’est l’enseignant et le récepteur l’apprenant. L’enseignement devient spécialisé lorsqu’il se consacre à un domaine déterminé d’activité, de connaissance. Autrement dit, l’enseignement spécialisé est l’ensemble des techniques et des méthodes adaptées à la transmission de savoir vis-à-vis d’une population dont le handicap est spécifique en son genre. Il s’agit ici d’une pédagogie adaptée aux non-voyants face au traitement de texte sur ordinateur afin que ces derniers aient l’accès au traitement de texte.

I-2 Expressions du domaine des TIC :

Technologie de l’information et de la communication.

I-2-1) Informatique adaptée :

L’informatique est une science du traitement automatique de l’information. L’Académie française a donné, en 1967, la définition suivante: « Science du traitement rationnel, notamment à l’aide de machines automatiques, de l’information, considérée comme le support de connaissances dans les domaines scientifique, économique et social ». Par contre, l’informatique adaptée n’est pas une science, mais un ensemble de méthodes, de moyens et d’aménagements permettant à une personne ayant un déficit visuel d’utiliser l’informatique. Il est d’ordre pédagogique, technique et spatio-temporel.

 

I-2-2) Traitement de texte adapté

Le Dictionnaire Universel définie le traitement de texte comme l’« Ensemble des opérations qui permettent de saisir, mettre en forme, modifier, stocker et imprimer des documents. C’est aussi le logiciel permettant d’effectuer ces opérations. » Le traitement de texte devient adapté lorsqu’il s’effectue à l’aide d’outils spécialisés notamment le logiciel de synthèse vocale Jaws.

 

I-2-3) Braille informatique :

Le braille, est défini par Caty CAVAILLES, enseignante spécialisée comme un « système de lecture et d’écriture conçu par un aveugle pour des aveugles, qui fait appel, par essence même, à un sens extrêmement développé chez eux, parfaitement adapté à leurs possibilités, le sens du toucher » (1999, p.24). Louis Braille en est l’auteur. A l’origine, le braille était composé de six points. Il a évolué et s’est adapté aux besoins de l’informatique avec le « braille huit points ».

 

I-2-4) Outils adaptés

I-2-5) Raccourci clavier :

Le raccourci clavier est une combinaison de touches ou touche qui permet d’écourter un chemin afin de se rendre rapidement à un endroit précis. C’est un mode d’utilisation du clavier de l’ordinateur très utile chez les déficients visuels, qui augmente leur capacité d’utilisation de l’ordinateur. Ces raccourcis clavier compensent la souris manuelle utilisée généralement par les clairvoyants.

 

I-2-8) Ordinateur :

C’est en 1955 que cette expression fut proposé par le professeur Jacques Perret, linguiste à la Sorbonne, qui devait traduire l’expression  » electronic data processing machine  » ou encore « Computer« , qui veut dire  » machine électronique de traitement des données » (www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd« >, page consultée le 06 avril 2009. En 1967, l’Académie française définit l’ordinateur par  » Une machine automatique qui permet d’effectuer, dans le cadre de programmes de structure pré-établis, des ensembles d’opérations arithmétiques et logiques à des fins scientifiques, administratives ou comptables« .

 

I-2-7) Information :

Etymologiquement, il veut dire qu’un sujet, qui reçoit des données émises par un objet, traite ces dernières pour obtenir une certaine  » mise en forme  » de l’objet. Le sujet a pour cela cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût. L’information dans la vie courante est une action qui vise à donner connaissance d’un fait. C’est un renseignement sur quelqu’un ou quelque chose. Dans la discipline informatique, c’est un élément de connaissance, renseignement élémentaire susceptible d’être transmis et conservé grâce à un support et un code.

 

I-3 Expressions liées au Handicap

I-3-1) Handicap

D’après les Nations Unis, ce terme désigne « le désavantage résultant pour un individu d’une déficience ou d’une invalidité qui limite l’individu concerné dans l’exercice d’un rôle normal pour lui » (1983: 3). Dans le contexte de notre étude, la notion de « handicap » résulte des barrières liées à la vue qui empêchent les déficients visuels d’avoir accès à certaines tâches sur un ordinateur.

 

I-3-2) Déficience

Ce terme vient du mot latin deficiens qui signifie manquant. Il s’agit donc de quelque chose ou d’un être qui présente un manque ou qui ne peut arriver à atteindre le niveau désiré ou à réaliser l’action entreprise selon le vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l’enfant, (Robert Lafon). « La déficience désigne une « insuffisance, une perte, ou une anomalie d’une structure ou d’une fonction psychologique, physiologique ou anatomique » (Nations Unies, 1983: 3). La déficience peut se situer à plusieurs niveaux à savoir : intellectuelle, physique, sensorielle. L’objet de notre recherche portera sur le handicap sensoriel à savoir la déficience visuelle.

 

I-3-3) Déficient visuel

Cette expression vient de deux mots composés: déficient qui veut dire manque et visuel qui vient de la vue. Ce groupe de mots parle soit de la cécité (qui est en fait le nom scientifique de la perte totale de vue et correspond à ce que l’on appelle vulgairement aveugle ; il semble démodé et péjoratif c’est ce qui explique l’usage de non-voyant), soit de l’amblyopie (se dit amblyope un mal voyant ou une personne dont la cécité partielle).

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le définit comme toute personne victime d’une cécité partielle ou totale qui l’empêche d’accomplir de façon autonome les exigences de son environnement social. Cette définition de l’OMS est quelque peu exagérée en ce sens qu’il rend un déficient visuel entièrement dépendant car ne pouvant rien accomplir de manière autonome. Nous pouvons redéfinir le déficient visuel comme toute personne victime d’une cécité totale ou partielle l’empêchant d’accomplir de façon autonome certaine exigences de son environnement social. Le handicap visuel empêche de remplir certaines exigences de la vie et non toutes les exigences de la vie sociale. Par exemple, pour admirer un être humain, un handicapé visuel n’a pas besoin de la vue. Depuis le timbre vocale de l’être concerné, il peut savoir de quel sexe il s’agit. L’oeil physique n’a rien à y voir. Il faut donc dégager la différence entre déficient visuel, non voyant et malvoyant.

La définition légale ou médicale affirme que « est aveugle toute personne dont la vision centrale du meilleur oeil après correction est égale ou inférieure à 1/20° de la normale. » La déficience limite dans certains domaines de la vue. Cet état rend l’individu invalide ou inaccessible à certaines pratiques. C’est aussi l’une des causes du déficit scolaire c’est-à-dire un ensemble d’acquisitions scolaires réduites qui empêche l’enfant d’atteindre le niveau scolaire requis pour son âge.

Notre thème va s’appesantir sur le cas des élèves déficients visuels à cécité totale appelé communément non-voyant ou aveugle dans le jargon camerounais. « Enseigner, c’est aussi faire voir ». Cependant, comment peut on rendre le non visuel en visuel absence du sens de la vue ? Au point de transformer cette approche en technique de transmission de connaissance ?

 

 

II- LES THEORIES CONTEMPORAINES SUR L’APPRENTISSAGE

 

De nos jours, les réflexions sur l’apprentissage se convergent vers un ensemble de données établies. Elles présentent les innovations et les limites des pratiques éducatives traditionnelles ou modernes. Cette étude nous a inspiré l’utilisation de trois approches théoriques scientifiques : la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura, la théorie de l’information selon Claude Shannon et le modèle d’apprentissage allostérique d’André Giordan.

 

II-1 Le modèle d’apprentissage allostérique d’André GIORDAN

 

Les théories de base pour l’apprentissage se sont limitées sur plusieurs aspects. C’est la raison pour laquelle la prise en compte permanente des nouveaux modèles pédagogiques est indispensable en fonction de leur efficacité. C’est ainsi que Giordan, en 1988, entreprend le développement, puis l’insertion du modèle d’apprentissage allostérique, qui signifie Allosteric Learning Model chez les anglo-saxons.

Dans cette théorie, Giordan insiste sur le fait que « l‘appropriation d’un savoir résulte d’une démarche de transformation de concepts où le principal acteur du processus est l’apprenant et lui seul. L’acquisition des connaissances procède d’une activité d’élaboration dans laquelle l’apprenant doit confronter les informations nouvelles et ses connaissances mobilisées, et où il doit produire de nouvelles significations plus aptes à répondre aux interrogations qu’il se pose« .

La perfection certes ne fait pas partie de ce modèle d’apprentissage. Mais ce modèle d’apprentissage a le mérite de circonscrire une problématique, d’expliciter les principales caractéristiques de l’acte d’apprentissage, de permettre des prévisions tout en fournissant des indications pratiques sur les environnements éducatifs ou médiatiques propres à faciliter l’acquisition des connaissances.

À travers ce qui vient d’être dit, on peut d’ailleurs comprend avec GIORDAN, que :

« les concepts, les méthodes de pensées ne s’acquièrent jamais par transmission directe d’un enseignant à un élève« .

Car, un programme scolaire achevé ne signifie pas forcement que l’apprenant a compris son contenu. La participation de l’enseigné est ici requise pour une meilleure transmission de connaissance. Tel n’est généralement pas le cas dans les collèges d’enseignement au niveau secondaire. En rapport avec notre étude, la situation est plus complexe. Dans nos établissements secondaires ordinaires fréquentés par les apprenants atteints de déficience visuelle, l’application quasi inexistante des méthodes pédagogiques adaptées à leur cas s’avère être un facteur de l’absence de participation. Ici, cette insuffisance se traduit le plus souvent par une administration des connaissances en sens unique. Il est efficient de joindre des méthodes pédagogiques appropriées pour faciliter l’assimilation des contenus. Gilles Ntebe Bomba (2008), ne nous contredit pas quand il énonce que « l’éducation s’instrumentalise par la pédagogie, c’est-à-dire se rend opératoire, visible par cette dernière qui s’emploie ou s’utilise dans tous les domaines de la vie ». Dans le cas du traitement de texte adapté aux élèves non-voyants, l’utilisation des méthodes pédagogiques pratiques, palpables serait meilleure en cas de perte de la vue afin de les faire découvrir par le toucher et l’audition les différents outils d’apprentissage utilisés pour la transmission de la leçon au cours.

A l’origine de toute transmission d’une notion par l’enseignant, l’apprenant, handicapé ou non, a déjà de prime abord, un concept personnel un ensemble de questions, d’idées, de vues qui lui permettent de décoder les informations, d’interpréter les données recueillies et en émettant de nouvelles connaissances. La structure ou représentation mentale de l’apprenant se réorganise chaque fois qu’il y a acquisition d’un nouveau concept. Cela est pareil pour un élève déficient visuel qui intègre les TIC dans un environnement d’apprentissage. Dans son esprit, il se fait une représentation de l’ordinateur, de ses périphériques, du texte saisi au clavier, etc. de cette représentation qu’il a avant la transmission de la leçon, naît une nouvelle représentation qui se fixe davantage dans l’esprit après la leçon pratique. « L’apprentissage ne peut donc être le résultat d’un simple processus de transmission, le plus souvent à sens unique maître-élève« . La participation de l’élève est capitale dans le processus enseignement/apprentissage. Il y a rejet de l’apprentissage à sens unique et adoption d’une méthode participative de l’élève qui est semblable à ce qu’on appelle aujourd’hui la Nouvelle Approche Pédagogique en abrégé NAP.

Le modèle d’apprentissage allostérique de Giordan nous fait donc comprendre qu’avant toute transmission de connaissance, l’enseignant doit laisser l’élève participé en donnant son point de vue sur la notion qui sera abordée. Il peut le faire faire des recherches à propos, et de dire ce qu’il pense de la leçon suivante. Cette participation directe de l’apprenant rend le cours facilement assimilable et compréhensif par l’élève tout en facilitant également la tâche du maître qui joue dorénavant le rôle de guide ou de facilitateur.

 

II-2 Théorie de l’information selon Claude SHANNON

La théorie de l’information de Claude SHANNON décrit la communication entre machines à travers un « schéma de Shannon» qui eut un rôle primordial en Sciences de l’information et de la communication. Le schéma est représenté comme suit :

Source —> émetteur—> message—> récepteur—> destinataire dans un contexte de bruit.

Ce schéma représente en quelque sorte le schéma informationnel et communicationnel qui existe dans le processus enseignement /apprentissage du traitement de texte à l’aide d’outils technologiques adaptés chez l’apprenant NV. La source semble être dans ce contexte les NTIC particulièrement l’ordinateur qui est le principal outil technologique de travail aussi bien chez les élèves valides que chez les invalides. Cette source (ordinateur et périphériques) sert à un émetteur à savoir l’apprenant à transmettre un message qui dans le cadre de l’étude est la transmission du traitement de texte. Le récepteur peut être considéré sous deux angles : d’une part, il est perçu comme le langage technique c’est à dire l’écran sonore encore appelé haut-parleurs ou baffles qui permet l’accessibilité des données à l’émetteur ; d’autre part, le récepteur est perçu comme l’apprenant qui le reçoit et assimile la notion de traitement de texte sous Word. Vu ainsi, il semble se confondre au destinataire.

Mais il faut noter que bien que ce schéma soit adéquat pour la communication entre machines où il s’assimile à une approche behaviouriste qui étudie les mécanismes psychiques à travers le comportement, considéré comme une réponse à l’environnement (ou aux stimuli). Ils mettent en relief la façon dont les individus s’adaptent à leur environnement. Il s’agit dans ce contexte, de l’adaptation de l’apprenant à l’utilisation de la machine. Il faut préciser que ce schéma de l’information selon SHANNON ne modélise qu’imparfaitement la communication humaine.

Cette théorie représente la situation communicationnelle interface Homme-machine, en d’autres termes les échanges existant entre l’apprenant déficient visuel et l’ordinateur pendant la transmission et l’apprentissage du traitement de texte. Cette théorie va nous permettre non seulement de mieux comprendre les différents systèmes de communication qui établissent une interaction parfaite entre l’utilisateur non ou malvoyant, mais aussi de saisir le comportement de ces derniers face à des opérations spécifique à effectuer en matière de traitement de texte avec Microsoft Word.

 

II-3 Théorie d’apprentissage selon Albert BANDURA

 

Contrairement au modèle allostérique, la théorie d’apprentissage d’Albert Bandura insiste sur l’observation, la connaissance de l’environnement d’apprentissage pour faciliter l’apprentissage chez l’apprenant.

Albert Bandura, l’un des plus célèbres psychologues américains, est au fondement du courant sociocognitiviste. Le noyau épistémologique de son œuvre place l’individu au cœur d’une triade d’interactions entre facteurs cognitifs, comportementaux et contextuels. Les sujets sociaux apparaissent ainsi à la fois comme les producteurs et les produits de leur environnement. Dans ce cadre théorique, les notions d’apprentissage social et d’auto-efficacité deviennent centrales. En désignant les croyances qu’un individu a dans ses propres capacités d’action, quelles que soient ses aptitudes objectives, elle pose le sentiment d’efficacité personnelle comme base de la motivation, de la persévérance et d’une grande partie des accomplissements humains.

Après avoir été initialement influencé par le courant béhavioriste, il s’en est radicalement détourné, en soulignant l’importance des facteurs cognitifs et sociaux dans ses recherches. On cherche donc tout particulièrement à rendre compte du rôle des influences sociales et de l’environnement dans les apprentissages.

II-3-1) La théorie de l’apprentissage social ou vicariant

Albert BANDURA invente le concept d’apprentissage vicariant dont nous tenons à souligner l’efficacité dans un système éducatif inclusif. Pour la plupart des théories de l’apprentissage comme pour l’observateur ordinaire, ce qu’on appelle apprentissage ne peut se faire qu’en accomplissant une action et en faisant l’expérience de ses conséquences.

Pas plus que REUCHLIN, BANDURA ne rejette cette évidence, mais il observe avec pertinence que cette vision très consensuelle ne recouvre pas toute la réalité de l’apprentissage. Pour lui, ces apprentissages par expérience directe surviennent en fait le plus souvent sur une base vicariante, c’est à dire en observant le comportement des autres et les conséquences qui en résultent pour eux. L’apprentissage vicariant facilite et incite à s’y investir si les conséquences observées sont positives.

Le fait de pouvoir apprendre par observation et par expérience rend en effet les individus capables d’acquérir des comportements ou des savoir-faire sans avoir à les élaborer graduellement par un processus d’essais et d’erreurs affirme BANDURA. Cette observation peut être dans le cadre de notre étude la maîtrise de l’environnement d’apprentissage par l’élève déficient visuel. Ayant perdu le sens majeur permettant l’usage de l’outil informatique, il se doit d’user des sens valides en tant que complémentarité afin de pallier au manque causé par la déficience visuelle. Les capacités d’observation et d’imitation chez l’enfant sont sources d’apprentissage et la génétique ne le contredit pas. Profiter de l’expérience des autres est une façon extrêmement courante d’apprendre. Nous pouvons tenir compte des réussites et des échecs de nos congénères pour ajuster nos comportements.

Le renforcement n’est pas alors directement applicable aux comportements de l’apprenant, mais à des comportements que celui-ci peut observer. C’est ce que les théoriciens de l’apprentissage social appellent l’apprentissage vicariant autrement dit la référence aux « modèles » pour la maîtrise de nouveaux comportements et à la stabilisation des comportements acquis. L’enseignement ne porte pas que sur les phases d’exercice explicite, mais aussi sur tout ce qui, dans la classe, les entoure. Tous les aspects de la situation pédagogique servent à l’enfant de période d’observation : les premières minutes d’une classe, tout ce que le professeur utilise pour amener une question, les éléments qu’il va mettre en exergue, etc. C’est sur cette base que l’élève va dégager les aspects pertinents de la situation, c’est à dire, comme dans toute situation d’apprentissage, sélectionner les éléments sur lesquels va ensuite porter l’apprentissage proprement dit.

Ce concept semble concerner d’une manière ou d’une autre les problèmes d’échec scolaire ou, pour être plus précis, celui de l’intégration scolaire, tant il est vrai l’accueil des enfants en difficulté apparaît plus facile et plus efficace dans les classes qui intègrent dans leur problématique éducative les perspectives offertes par l’apprentissage vicariant. Cette expérience vicariante vaut pour les adultes comme pour les enfants, dans le domaine professionnel comme dans le domaine scolaire. Il s’agit dans cette recherche de placer les élèves déficients visuels dans un environnement qui, de prime abord, n’est pas le leur. Puis, de pouvoir se rendre compte de toutes les facilités à eux offertes pour l’adaptation à ce nouveau environnement.

II-3-2) La perception d’auto-efficacité

Cette théorie est le prolongement de l’apprentissage vicariant c’est à dire l’opportunité de pouvoir observer un individu similaire à soi-même exécuter une activité donnée. Cette démarche constitue une source d’information importante qui influence la perception d’auto-efficacité. C’est dans ce sens que Robert Mager rejoint Bandura, en prescrivant l’imitation pour la réussite d’un apprenant et d’éviter l’ « ennui », l’ « inconfort physique », qui sont source d’échec.

La perception qu’a un individu de ses capacités à exécuter une activité influence et détermine son mode de penser, son niveau de motivation et son comportement. BANDURA prétend que les personnes cherchent à éviter les situations et les activités qu’elles perçoivent comme menaçantes, mais elles s’engagent à exécuter les activités qu’elles se sentent aptes à accomplir. L’apprenant non-voyant doit en matière de TICS, exécuter des tâches et opérations, selon qu’il a appris à le faire. Il doit maîtriser la description et la présentation de son matériel de travail à tel enseigne qu’il soit à mesure de le dire à un clairvoyant. Comme l’a dit Daniel Kengni, enseignant d’informatique spécialisée, « sans voir, on oublie très souvent que la terre est fertile pour l’aveugle d’imaginer ». La situation du handicap visuel, prive ces apprenants de la vue mais pas de toutes leurs facultés. Cette dimension théorique va donner l’occasion dans ce travail de comprendre les facteurs d’auto-efficacité chez l’apprenant déficient visuel. Nous allons, à partir de cette approche, détecter les comportements qui contribuent à la réussite des élèves déficients visuels et garantissent son autonomie parmi ses camarades clairvoyants.

La théorie de Bandura montre en fait que l’autonomie et l’efficacité sont un acquis lorsqu’un apprenant a réussi à s’adapter à son environnement. En d’autre terme, elle permet aux élèves de se sentir concerné par l’apprentissage.

 

 

III- METHODOLOGIE

 

Cette section porte sur la présentation de la méthodologie utilisée pour mener notre travail au cours de l’étude. Il dévoile aussi l’ensemble des instruments de recherche qui ont été utilisés pour obtenir les données d’enquête sur le terrain.

La méthodologie se définit comme « un ensemble de règles ou de voies à suivre pour atteindre un objectif donné ». Le Dictionnaire de l’enseignement en Afrique (1988) dit de la méthodologie qu’ « elle cherche à en mesurer l’efficacité, l’appropriation aux valeurs scientifiques comme la vérité, la conformité au réel (en ce qui concerne l’observation, la pertinence, l’usage, l’adéquation). La méthodologie cherche à analyser tous les effets secondaires, non explicites, d’une expérimentation et à mettre en évidence tous les biais susceptibles de surgir au détour de l’observation ou des observations».

En ce qui concerne notre champ de recherche, la méthodologie va consister dans cette section, à montrer de manière progressive, les voies et les moyens que nous avons utilisés pour mener nos enquêtes, collecter les informations nécessaires. Dans cette perspective, nous avons eu à faire à l’échantillonnage de la population de l’étude, les différents instruments de collecte des données notamment la pré-enquête, l’observation directe et les entretiens.


III-1 Population d’étude

La population, ou encore univers est l’ensemble d’unité statistique, c’est-à-dire l’ensemble des objets ou des personnes étudiées. C’est aussi la totalité des observations individuelles sur laquelle porte les inférences statistiques.

Notre étude porte sur des élèves, notamment les handicapés visuels non-voyants intégrés en milieu scolaire ordinaire, leurs camarades, leurs enseignants d’informatique et enfin les structures intégrants l’informatique adaptée. Selon l’OMS, le nombre des aveugles pourrait doubler d’ici à 2020. Au Cameroun, les enquêtes réalisées par le Comité National de Lutte contre la Cécité font état d’environ 640.

 

III-2 L’échantillon

L’échantillon est la partie de la population sur laquelle porte l’enquête lorsque la population et vaste et difficile à gérer en terme de temps et de coût. L’échantillon est donc un extrait de l’univers sur laquelle l’étude est faite. Ce qui nous permettra de connaître les caractéristiques de la totalité de la population appelées inférences.

Pour cette étude, notre échantillon s’élève à 25 répondants : soit 20 élèves DV et 5 enseignants d’informatique. Ils sont tous intégrés dans les établissements scolaires ordinaires de la ville de Yaoundé. Ces unités d’observation au cours de cette recherche, vont constituer notre cible principale.

Cette population d’étude de vingt-cinq personnes n’est pas vaste. Il est faible parce que les apprenants non-voyants intégrés dans les établissements scolaires de la ville de Yaoundé dans lesquels l’on pratique l’informatique ne sont pas nombreux. La répartition de ces élèves dans les établissements ordinaires de la ville de Yaoundé se présente ainsi dans le tableau suivant :  :

Le tableau suivant présente davantage cet échantillon :

Tableau I : Répartition de l’effectif des élèves déficients visuels dans les établissements scolaires secondaires de la ville de Yaoundé

Etablissement scolaire

Effectifs des élèves déficients visuels

Effectifs des élèves Non-voyants

Différents niveau d’étude des apprenants NV

 

 

Pour que les résultats de notre enquête soient objectifs, il va falloir que l’échantillon soit représentatif. On y parvient par la technique appelée échantillonnage.

 

 

 

III-3 L’échantillonnage

L’opération d’échantillonnage ou de sondage est la technique de sélection de la taille de l’échantillon. Les NV intégrés en milieu scolaire inclusif dans la ville de Yaoundé n’ayant pas un effectif élevé, nous avons, avec le concours de l’ANAUMIC et par nos recherches personnelles, fait le tour des établissements qui intègrent les NV. A l’issue de ce dénombrement, nous avons retenu 20 élèves du secondaire dans les établissements où l’informatique est pratiquée. Cela veut dire clairement que la technique de l’échantillonnage qui a été utilisée est l’échantillonnage ciblé. Cette technique permet ainsi au chercheur d’opérer un choix parmi plusieurs possibilités offertes, un certain nombre d’éléments à observer, en fonction de certain critères et des besoins de l’enquête.

Cette procédure nous a donc permis dans un premier temps, de spécifier les différents établissements fréquentés par les déficients visuels. Dans un second temps, il était question de vérifier si effectivement les élèves déficients visuels faisait aussi les cours d’informatique, s’il existait des sales appropriées ou destinées à cet apprentissage.

A la fin de cette opération de choix, nous avons retenu 05 établissements scolaires secondaires dans la ville de Yaoundé. Il s’agit du Lycée d’Enguissa, du Lycée de Nko Letong, du Collège Adventiste et du Collège de la Retraite. Il est tout de même important de préciser que d’un établissement à l’autre, nous avons relevé quelques disparités, notamment l’existence des salles appropriées dans certains et non partout. De même, les enseignants d’informatique pour déficients visuels n’étaient pas toujours formés à cet effet.

 

III-4 les instruments de collecte des données

Pour cette étude de cas, nous avons fait recours à deux principaux instruments d’enquête. Il s’agit de la technique vivante employées pour obtenir des données sur le terrain en direct, et la technique morte qui consiste à faire recous aux documents.

L’observation directe

En procédant à ‘utilisation de cet instrument, nous nous sommes rapproché de nos unités d’observation. Cela nous a permis d’être plus proche d’eux, et favorisant ainsi le vécu direct de tout ce qui entoure l’enseignement des TIC à ces derniers. Cette observation directe nous a également permis de nous imprégner du matériel informatique adapté et d’en savoir un peu plus sur son fonctionnement. Les attitudes et comportements des enseignants nous ont, à travers l’observation directe, permis d’apprécier directement la prise en compte des élèves déficients visuels.

L’interview.

Cet instrument nous a permis de combler les insuffisances de l’observation direct et documentaire. Encore appelé entretiens, les interviews nous ont données la possibilité d’entrer en conversation directement et vivement avec nos enquêtés, qui nous ont du reste fait comprendre de façon détaillée leur rapport l’enseignement de l’informatique adaptée à la déficience visuelle.

Cet exercice s’est matérialisé par l’usage de deux guides d’entretiens. Un premier guide (cf. annexe 1) soumis à l’attention des enseignants d’informatique, et le second (cf. annexe 2) à l’attention des élèves déficients visuels. Le guide d’entretien comportait un ensemble d’idée regroupée en deux grands items : l’item I pour l’identification de l’enquêté et l’item II pour les connaissances en informatique adaptée. Les données récoltées à l’issue de ces interéchanges entre nos enquêtés et nous nous ont mené en profondeur dans les méandres de l’approche pédagogique spécialisée mise en œuvre par les enseignants, des différents comportements des apprenants face à la discipline informatique, et enfin du regard des autres enseignants vis-à-vis de l’informatique pour déficients visuels.

L’observation documentaire

Pour terminer, le recours à l’observation documentaire nous a été d’une utilité incontournable. A travers nos lectures, nous avons exploré le champ de notre étude, afin de caler sa thématique. Outre cela, il s’est agit pour nous d’en savoir, à travers les documents consultés, un peu plus sur la vie studieuse des aveugles. Cela a été un moyen efficace pour l’accès à la culture de ce que nous avons qualifié « la vie studieuse des aveugles ». C’est dans cette perspective que nous nous sommes rendus tour à tour à la bibliothèque de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé I (ENS) ; à la bibliothèque du Centre Culturel Français à Yaoundé (CCF) ; sans oublier le recours constant à Internet. L’utilisation de ce dernier moyen nous a été d’un apport capital au regard de la nature peu connu de notre thème de recherche.

 

Etablissement Scolaire

 

 

 

Nombres d’élèves DV

Niveau scolaire

Utilisation de l’informatique adaptée

 

 

Arrivé au terme de ce chapitre où il était question de parler de la définition des expressions et de la présentation du cadre théorique, nous réalisons que cette étude revêt plusieurs caractères. Les expressions aussi bien générales que spécialisées ont fait l’objet d’une attention particulière afin de rendre contextuel les informations contenues dans ce travail. Il a aussi été question de faire recours aux auteurs ayant abordé les théories scientifiques dans le cadre de l’éducation, de la pédagogie et de l’informatique, ce qui va permettre d’orienter notre démarche. Par ailleurs, nous avons présenté dans le présent chapitre, toutes les approches méthodologiques utilisées au cours de l’étude. Ainsi, l’observation directe, l’interview et la recherche documentaire, sont les principales techniques qui nous ont permis de récolter nos diverses données. La suite du travail sera portée sur une esquisse de la présentation, analyse et interprétation des résultats.


PROBLEMATIQUE DE L’ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS

Au départ, mon thème de recherche portait sur l’ »enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants« . Je l’avais structuré comme suit:

 

CHAPITRE 1: PROBLEMATIQUE DE L’ETUDE

 

Ce chapitre est axé autour de plusieurs sections. Elles vont du contexte et justification de l’étude aux contours de celle-ci, en passant par l’exposition de la situation du problème, la question, les hypothèses, les objectifs, les motivations et l’intérêt de recherche.

 

  1. Contexte et justification de l’étude

 

  1. Historique et portée des TIC

Après la deuxième guerre mondiale, les belligérants vont réfléchir sur les méthodes d’optimisation de gestion des données, leur conservation et surtout la facilitation en ce qui est des opérations de calculs des grands nombres. L’accent sera ainsi mis sur la gestion automatique des informations ; ce qui va bouleverser le monde entier quelques décennies plus tard avec l’avènement du concept de NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) qui deviendra à la fin des années 90, TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).

Bien que l’avènement des TIC tire ses origines des conflits mondiaux, on constate néanmoins qu’elles interviennent dans tous les secteurs d’activités humaines au point de devenir une discipline scientifique. Les TIC sont donc de nos jours intégrés dans tous les niveaux d’enseignement scolaire, académique et professionnel de sorte que comme le disait Bill Gates en Avril 2004 « les vrais analphabètes sont ceux qui ne maîtrisent pas l’outil informatique ». Cf. http//www.allafrica.com

L’informatique et les TIC étant des inventions occidentales y ont connu une expansion qui a favorisé le développement de la communication et de l’information, denrées importantes pour la réussite des entreprises. On peut à juste titre citer pour le cas des États-unis d’Amérique le projet ARPANET (Advanced Research Project Agency Network) qui vise l’amélioration des ordinateurs en réseaux ; ce qui donnera plus tard la naissance d’Internet.

 

Le traitement de l’information par ordinateur a donc pris un tournant beaucoup plus visuel où la forme devient aussi importante ou plus importante que le contenu. En fait, la forme devient un élément essentiel du contenu lui-même. Elle porte son propre message et est indissociable de la structure et de l’organisation du contenu. Plus encore, c’est la forme du document qui, en bonne partie, détermine l’intérêt du lecteur, qui le retient et le maintient ou, au contraire, l’ennuie et l’incite à aller voir ailleurs.

Cette révolution dans le traitement de l’information comporte toutefois, non seulement des défis, mais également de nouvelles avenues d’accès à l’information. Windows peut ainsi donner accès à des dictionnaires, des encyclopédies, des documents en format électronique plutôt que sur papier, sans compter le courrier électronique et Internet.

 

Cette révolution dans le traitement de l’information a d’importantes conséquences pour les personnes qui n’ont pas d’accès visuel aux documents imprimés et électroniques.

La première conséquence est que le logiciel d’adaptation doit d’abord extraire l’information textuelle de sa forme visuelle. Mais, cette information serait incomplète s’il ne nous donnait pas accès également à l’information pertinente sur sa forme, sa disposition, sa taille, son apparence, etc. qui viennent qualifier la valeur et l’importance relative de chaque élément de contenu et sont souvent essentiels à sa compréhension.

La seconde conséquence est que si l’on veut communiquer avec les autres, on devra savoir utiliser les éléments de forme pour organiser, enrichir et dynamiser le contenu. Nous vivons dans un monde où l’information est de plus en plus visuelle. Peu importe que cette évolution plaise ou non, qu’elle donne les vertiges face à ce qui nous attend dans l’avenir ou qu’elle nous rende parfois nostalgique, il n’y aura pas de retour en arrière et nous devrons nous battre pour conserver notre place et maîtriser les nouvelles règles du jeu.

 

  1. L’avènement des TIC en Afrique

Les pays en voie de développement ont accusé un retard qui de nos jours demeure un véritable handicap. Retard dû particulièrement au fait que dans ces pays, l’opinion publique a considéré les TIC comme un luxe, contribuant ainsi à traîner les pas. Grâce au phénomène de la mondialisation et à la participation des ressortissants des pays en voie de développement de la diaspora, les TIC ont progressivement commencé à attirer l’attention. C’est par exemple le cas de l’Afrique Subsaharienne où les efforts d’appropriation des TIC sont récents.

Les signes forts de cette appropriation des TIC au Cameroun ont été ressentis au plus haut sommet de l’Etat à partir des années 2001. Pendant cette période, l’inauguration de la salle multimédia du Lycée Général Leclerc va servir de détonateur pour une série du genre dans les lycées et sites pilotes des dix régions du pays. A la suite de ce dernier, une quinzaine d’établissement recevront du matériel informatique pour l’enseignement et l’apprentissage de cette nouvelle discipline qu’est l’informatique par le Chef de l’État camerounais. Dans la même perspective, le Ministère des Enseignements Secondaires fera sienne les enjeux des TIC. C’est ainsi que, le 12 septembre 2006, au moment de la rentrée scolaire 2006-2007, Catherine Abena , à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des centres de ressource multimédia du lycée Joss et du lycée bilingue de Deido à Douala, affirmait :

« Loin d’être une salle de formation en informatique, le centre de ressources multimédia est plus précisément, un lieu de formation aux technologies de l’information et de la communication et à leur utilisation comme outils d’amélioration de la qualité de l’enseignement aussi bien pour les élèves que pour les enseignants ».

Les apprenants, le public et tout le système éducatif en général prennent progressivement conscience de l’apport des TIC sur l’apprentissage. Les TIC fournissent une revue documentaire diversifiée, une appropriation rapide et variée de l’information, etc. en sont autant d’avantages recensés. En marge de ce contexte, des opérateurs économiques vont créer des secrétariats, cybercafés contribuant ainsi au développement des TIC au Cameroun. La société civile va aussi s’inscrire dans cette mouvance. Dans « Tezembong et J. Tchuente : Briser l’écran qui sépare l’aveugle de l’ordinateur » Jean Baptiste Ketchateng, l’auteur de cet article paru dans le quotidien camerounais privé « Mutation » (avril 2009), fait parler deux aveugles leader de l’Association Nationale des Aveugles Utilisateurs du Matériel Informatique (ANAUMIC). Ils déclarent :

« Nous voudrions faire de chaque école, collège, lycée ou université qui accueille un ou plusieurs non voyants, un lieu où l`on retrouverait un ordinateur adapté à leur usage ».

Une association qui a déjà élaboré un programme d`activités sur les quatre prochaines années.

 

c) Justification de l’étude

David Fayon dans un compte rendu du groupe de réflexion sur l’enseignement des TIC au Lycée, cite Dany Hamon sur la question de savoir « Pourquoi enseigner les TIC au lycée ? ».

   La réponse de Dany Hamon qui se réfère à des études récentes sur la « génération Internet » est intéressante. Il déclare :

« Le jeune aujourd’hui est effectivement, d’après certains sociologues, un hédoniste indépendant. Il est multitâche (écoute son baladeur MP3 en même temps qu’il chatte par exemple) et a un comportement zapping. Ces informations sociologiques sont à avoir présentes à l’esprit des professeurs, la compréhension intergénérationnelle devant permettre de définir la valeur ajoutée qu’un professeur peut et doit apporter à l’élève par rapport à une « utilisation aveugle » des TIC » (2008).

Il continue :

« La révolution informationnelle (informatique et internet ou TIC à travers toutes ses dimensions) constitue le plus important phénomène de société du XXIe siècle. C’est un incontournable auquel les jeunes doivent être préparés pour mieux appréhender l’entrée dans leur vie professionnelle même si le lycée ne constitue qu’une étape. Enseigner les TIC au lycée répond à ce besoin fondamental. Dans ce contexte, et en ayant présent à l’esprit les missions de l’école, il est évident que l’école doit permettre l’égalité des chances. Celle-ci doit se traduire par l’accès pour les élèves aux ordinateurs y compris en dehors des heures de cours (avec des surveillants qui pourraient également endosser le rôle de « guide TIC » dans les salles prévues à cet effet) tout en restant dans les horaires d’ouverture des lycées. L’école doit oeuvrer pour la lutte contre la fracture numérique, chaque élève n’ayant pas accès à Internet à la maison, même si le pourcentage de non connectés à domicile va en diminuant. Au-delà de l’accès, la question est celle de l’intelligence informationnelle. Même si la recherche d’information sera plus facile dans un Web, sémantique, la capacité à recueillir, analyser objectivement et traiter de l’information en effectuant des liens logiques restera cruciale. C’est là que réside la valeur ajoutée humaine. C’est à la fois une technique et un regard critique que l’adulte – qui possède un recul et une culture – peut transmettre via l’enseignement ».

   Il ne s’agit pas simplement d’une simple lutte contre l’analphabétisation mais aussi de dispenser un enseignement qui permettent d’acquérir des fondements utilisés par la suite au-delà du lycée (poursuite d’étude et préparation de l’entrée sur le marché du travail avec des compétences TIC) et d’apprendre à apprendre grâce aux nouvelles technologies (e-learning [4] et formation par soi-même tout au long de la vie via une curiosité intellectuelle éveillée). La récompense du mérite et du talent sera à imaginer dans le cadre de l’évaluation de l’enseignement.

Un fait frappant marque l’essor de cet éveil : la carence voire l’absence totale d’outils informatiques pour apprenant non valide dans les établissements secondaires. La fracture numérique existant entre les pays du Nord et ceux du Sud touche désormais le système éducatif. Les élèves valides, autrement dits les clairvoyants sont désormais semblables aux pays développés dans les établissements scolaires. Ils ont accès à l’usage d’outils technologiques pour l’apprentissage. Les apprenants non-voyants quant à eux considèrent encore les TIC comme une utopie.

C’est ainsi que, dans  » ACCESSWORLD « , un article Paru en 2008 dans la revue américaine « Vive le libéralisme adaptée » rédigé par Deborah Kendrick, un acteur majeur de la technologie adaptée au nom de Christian David Hofstader, dévoile quelques secrets industriels. A ce sujet, il affirme avoir « travailler de très longues heures » et s’astreindre à de « longues périodes de frappe sur clavier pour rivaliser » avec ses collègues voyants qui effectuaient beaucoup moins de manipulations à l’aide de leurs clics de souris. Il est passionnément animé par le désir de dissiper certains mythes au sujet de la technologie adaptée. Le secteur inexploré des TIC demeure l’accès de ces outils à une catégorie de personnes ou d’élèves que sont les non et malvoyants. Ces derniers, frappés de la baisse de vision ou de la cécité, ont été longtemps exclus de l’utilisation des TIC ; cette exclusion n’étant qu’une autre forme de retard des minorités. Sa mise en œuvre officielle s’est matérialisée via une convention tripartite passée entre le gouvernement Camerounais et ses partenaires. Cette convention a permis la création d’un point focal qui permet l’initiation de ces Handicapés visuels aux TIC adaptées.

Dans le cadre de notre étude, nous nous sommes intéressés à cet aspect de l’informatique pour les élèves déficients visuels. Point n’est besoin de rappeler qu’à l’heure où il est prôné l’éducation pour tous et inclusive, chaque apprenant est appelé à se considérer comme maillon essentiel de ce processus éducationnel.

 

  1. Problème et question de recherche

 

Dans cette section, il sera présenté les difficultés que soulève le thème de cette étude notamment l’accès des DV aux TIC en rapport avec la pédagogie ordinaire. C’est au pied de ce problème que jaillira la question à résoudre dans cette étude.

 

a) Situation du problème de recherche

À l’heure où personne ne veut louper le train de la mondialisation, et que la technologie avance à une vitesse surprenante, on se demande si les non-voyants seront en reste. L’informatique est considérée comme étant partie intégrante du fonctionnement de chaque secteur de la vie. Ceci se vérifie dans le système éducatif camerounais (SEC) dans la mesure où les TIC ont déjà été érigés en discipline scolaire. Par contre, il existe une catégorie d’élève ayant perdu le sens de la vue : ce sont les DV. A l’observation, on peut constater que l’avènement de l’informatique a été élaboré sans tenir compte de l’approche handicap visuel. Dans cette perspective, on est en droit de se demander comment, dans le cadre du système scolaire camerounais, les élèves camerounais handicapés de la vue font-ils pour apprendre l’informatique. Autrement dit, quels sont les mécanismes qui concourent à l’assimilation des connaissances informatiques du point de vue théorique. On peut s’interroger aussi sur la qualité du matériel que ces DV utilisent. Est-ce le matériel adapté ou ordinaire ? Ayant perdu la vue, quelle est la place des autres sens dans leur rapport au savoir ?

Cette série d’interrogation nous conduit inéluctablement à la question de recherche de l’étude.

 

b) Question de recherche de l’étude

La question de recherche de l’étude s’énonce comme suit :

Comment l’utilisation des outils adaptés et de la pédagogie spécialisée facilite -elle l’apprentissage du traitement de texte chez les apprenants DV du secondaire ?

Cette question de recherche se décline en questions secondaires :

  • L’utilisation d’outils appropriés facilite-elle l’enseignement du traitement de texte aux apprenants NV ?

  • La pédagogie spécialisée est -elle nécessaire pour l’encadrement des élèves déficients visuels en informatique ?

  • Quel est l’apport des logiciels adaptés dans le processus d’acquisition des connaissances en informatique par les élèves DV ?

 

 

  1. Hypothèse de recherche

 

Les hypothèses de recherche sont divisés en deux parties : l’hypothèse générale et les hypothèses secondaires.

 

  1. Hypothèse générale

Dans le cadre de notre étude, l’hypothèse générale s’énonce comme suit :

La transmission des connaissances relatives au traitement de texte chez les apprenants NV se fait par l’utilisation des outils adaptés, l’usage d’une pédagogie spécialisée, de la synthèse vocale et du matériel tactile.

 

  1. Hypothèses spécifiques

Cette hypothèse générale se décompose en trois hypothèses spécifiques.

  • L’utilisation d’outil approprié est de nature à faciliter l’enseignement du traitement de texte chez les non-voyants ;

  • L’utilisation des techniques spécialisées renforce l’acquisition des connaissances relatives au traitement de texte chez les non-voyants ;

  • Les ressources numériques appropriés et spécialisées augmentent les performances scolaires en rapport avec le traitement de texte chez les apprenants non-voyants.

Toutefois, une recherche sans objectif serait incomplète.

 

  1. Objectifs de recherche

 

L’objectif de cette recherche se divise en deux grands groupes : l’objectif général et les objectifs spécifiques.

 

  1. Objectif général

Cette recherche vise à montrer comment l’élève non-voyant, grâce à une pédagogie adapté et au matériel spécialisé, est capable de se servir en toute autonomie du logiciel Word pour le traitement de texte. Il s’agit ici pour nous de chercher le lien qui existerait entre les méthodes pédagogiques d’enseignement et l’accès des non-voyants au traitement de texte sur ordinateur par l’usage des autres sens que la vue.

Cet objectif général se décline en objectifs spécifiques.

 

  1. Objectifs spécifiques

Nous comptons en menant cette étude, parvenir à :

  • Montrer que les NV constituent une catégorie d’élèves dont la scolarisation est nécessaire ;

  • Montrer que certaines matières jadis réservées au clairvoyant (élèves normaux), sont enseignées également aux élèves DV ;

  • Montrer que la discipline informatique constitue un enjeu énorme pour non seulement l’acquisition des connaissances au niveau scolaire mais également pour l’intégration socioprofessionnelle et du multiculturalisme en milieu scolaire ;

  • Présenter un éventail de matériel et de pédagogie spécialisée propice à l’enseignement des TIC;

  • Concevoir et réaliser des supports de travail relatif aux TICE pour déficient visuel ;

  • Susciter une orientation de politique du secteur des enseignements secondaires pour une prise en compte de l’approche handicap visuel dans le canevas des enseignements des TIC ;

  • Susciter l’implication des enseignants dans le processus dans l’encadrement des élèves DV ;

  • Susciter une sensibilisation des enseignants du Cameroun sur l’encadrement des élèves DV ;

 

 

  1. Motivation de recherche

 

Des facteurs déterminants ont conduit à porter notre choix sur le thème de notre étude. En fait, depuis novembre 2007, et à la suite de notre admission à l’École Normale Supérieur (ENS) de Yaoundé I, que nous nous sommes davantage rapproché de l’informatique. Par ailleurs, au cours de notre passé scolaire notre environnement amical était plus constitué des aveugles. Ce qui nous a poussé a avoir une fréquentation régulière de ces derniers. Notre surprise de voir les non et malvoyants utiliser l’outil informatique nous a paru irrésistible d’étudier comment la réussite dans cette discipline se passe. De plus, l’envie de maîtriser l’écriture braille afin de mieux rendre service à ces déficients visuels à milité en faveur de ce choix.

 

 

  1. Intérêt de l’étude

 

Ce travail devrait aboutir sur les retombées scientifiques d’une recherche et leur impact positif dans la société et le système éducatif. A ce titre, cette étude revêt à la fois un intérêt scientifique, pédagogique et didactique.

 

a) Intérêt scientifique

Du point de vue scientifique, l’intérêt de cette recherche est méthodologique en ce sens qu’elle constitue un exercice pratique pour notre familiarisation à notre activité future. A cet effet, la recherche sur l’accès des élèves non-voyants au traitement de texte sur ordinateur, nous a permis d’utiliser des méthodes de collecte de données de terrain dans l’optique de mieux saisir scientifiquement les situations d’encadrement de cette catégorie d’élèves.

 

b) Intérêt pédagogique

D’autre part, un intérêt pédagogique du moment où nous voulons attirer l’attention des membres du système éducatif sur les méthodes pédagogiques susceptibles d‘aider les élèves non-voyants à accéder au traitement de texte en se servant du logiciel Word. Du point de vue pédagogique donc, cette étude est fondée dans la mesure où elle nous permet comprendre quels sont les techniques qui permettent une transmission aisée des connaissances aux déficients visuels. A ce niveau, la richesse de ce travail de recherche s’avère établie au regard du caractère original de l’approche pédagogique utilisée. En effet, il est question ici, pour chaque enseignant, d’avoir du tact pour un meilleur encadrement des apprenants spéciaux. Cela nous a conduit à réaliser que dans ce processus pédagogique, l’accent est surtout porté sur les « représentations mentales » chez les aveugles, en vue de pouvoir illustrer l’abstrait à partir du réel et inversement. .

c) Intérêt didactique

 

L’intérêt didactique trouve sa raison d’être dans ce travail lorsqu’on s’attelle à trouver les méthodes d’apprentissage du traitement de texte pour l’apprenant déficient visuel, conçu par l’enseignant en fonction de son expérience professionnelle. Cet intérêt didactique permettra également au système éducatif camerounais de prendre davantage en compte les élèves déficients visuels en ce qui est de l’usage de l’outil informatique. Ceci en dotant par exemple, les établissements scolaires qui prennent en charge cette catégorie d’apprenants des moyens matériels et humains appropriés, pour les sortir de l’analphabétisme du troisième millénaire et favoriser par le même coup leur scolarisation.

 

d) Intérêt juridique

L’autre intérêt de cette étude, et non des moindres, est juridique au sens de l’égalité des chances pour l’accès à l’éducation. En ce sens que par respect à la déclaration des droits universels de l’homme, tous ont les mêmes chances à l’éducation. Cette dimension juridique et scolaire viendra donner corps à la convention des Nations Unies relative aux droits humains des personnes handicapées, adoptée en 2006. Il viendra une fois de plus, donner sens à l’éducation inclusive.

 

  1. Délimitation de l’étude

 

Cette section porte sur les contours théoriques, spatiaux et temporels de nos investigations.

 

  1. Délimitation théorique

Un sujet de recherche sans la circonscription d’un champ précis serait incomplet. Notre étude s’inscrit dans le cadre de l’évolution TIC en général et de l’outil informatique adapté au handicapé visuel en particulier. Cette circonscription nous invite ainsi à focaliser une attention particulière sur les TIC, avant de rechercher comment se présente son aspect adaptatif à la déficience visuelle.

 

  1. Délimitation spatio-temporelle

Notre étude s’inscrit dans le cadre de l’année académique 2008-2009 et concerne les élèves non-voyants scolarisés en enseignement secondaire ordinaire des établissements de la ville de Yaoundé.

 

Dans ce chapitre basé essentiellement sur l’exposition de la problématique et de recherche, nous avons présenté tour à tour le contexte et justification de l’étude, la situation du problème de recherche, la question de recherche suivie des hypothèses. Nous avons également évoqué les objectifs, les motivations et intérêts de l’étude. Ce chapitre au demeurant, nous a édifié sur le bien fondé ou la raison d’être de la présente recherche. La suite du travail sera portée sur la définition des différentes expressions utilisés au cours de cette recherche, ainsi que les différentes écoles théoriques utilisée pour nous positionner sur le champs scientifique.


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