ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS



OUTILS TECHNOLOGIQUES ADAPTÉS AU HANDICAP VISUEL

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » suite

CHAPITRE 3 : LE MATERIEL INFORMATIQUE ORDINAIRE ET ADAPTE

 

Les activités scolaires auxquelles participent les déficients visuels revêtent un caractère spécial. Ce caractère l’est effectivement surtout quand on aborde la discipline informatique. A l’aube de cette recherche, nous nous sommes posés beaucoup de questions. Après la collecte des données, il est venu le moment de les présenter aux fins d’une compréhension exacte des mécanismes de fonctionnement des outils informatiques, avec un point d’honneur porté sur l’utilisation de ces derniers par les élèves déficients visuels. Le présent chapitre intègre les dimensions tels les outils spécialisés pour l’enseignement du traitement de texte aux apprenants non-voyants, quelques aspects du rôle de la pédagogie spécialisée pour l’encadrement des élèves déficients visuels en informatique, et l’apport des logiciels adaptés en informatique aux élèves aveugles.

 

I-1 TECHNOLOGIE ORDINAIRE ET APPROCHE ADAPTEE

II-1-1 outils technologiques ordinaires

Les outils technologiques ordinaires sont ceux qui ont été conçus de prime abord pour les personnes valides. Leur utilisation par les personnes handicapées visuelles n’est possible qu’à partir de méthodes spécifiques d’utilisation.

 

1- le système d’exploitation Windows

Traduit littéralement, Windows signifie Fenêtres. C’est un système d’exploitation produit par Microsoft. Il a substitué MS-DOS. Depuis les années 1990, il a monopolisé pratiquement le secteur commercial en équipement d’ordinateur personnel. La gamme Windows a évolué en plusieurs branches. La première branche va de la version Windows 1 à 3.11. en 1985. Ces premières versions de Windows étaient lancées depuis DOS. C’est pourquoi Windows a été dénommé comme un environnement graphique sur un noyau DOS. Windows NT (Nouvelle Technologie) ou Windows 2000 est apparue en 1993. Il est principalement destiné aux entreprises. La branche NT est née de la séparation de Microsoft et d’IBM sur le développement du système d’exploitation OS/2 et visait à concurrencer les systèmes utilisés en entreprise.

Windows 9x ou 3ème branche fait parallèlement son apparition en 1995 que la branche précédente. Utilisé par le grand public, elle avait pour objectif de remplacer la première branche. Il a connu plusieurs évolutions sous le nom de Windows 95, puis Windows 98 et Windows Me (Millenium Edition), qui ont permis de confirmer la popularité des systèmes d’exploitation de Microsoft. Ces différentes versions ont souffert d’une réputation d’instabilité et de vulnérabilité aux attaques par les réseaux.

Après la 4ème branche en 1996 à savoir Windows CE, Windows XP fait sa sortie en 2001 et précède ainsi Windows vista. Il naît en effet de la fusion entre Windows NT et Windows 9x. Il vise à la fois le grand public et les professionnels d’autant plus qu’il est plus stable et moins vulnérable. Windows intégré dès lors les fonctions d’un système d’exploitation, notamment un format d’exécutable propre, la gestion des processus en multitâche coopératif, la gestion de mémoire virtuelle, et des pilotes pour gérer l’affichage, l’impression, le clavier, le son, etc. on considère désormais que le DOS a bel et bien disparu des systèmes d’exploitation grand public de Microsoft.

Bien qu’il existe d’autres système d’exploitation, à l’instar de Linux, de Mac OS, etc., Windows demeure le système d’exploitation le plus utilisé en dépit des critiques qui lui sont faites par rapport à l’instabilité et la vulnérabilité de son système. Pour nos recherches, nous avons utilisé le système d’exploitation Windows XP qui intègre les différents logiciels d’office parmi lesquels Word. Le système Windows selon les spécialistes des questions d’informatique pour déficients visuels, est compatible avec le logiciel de relecture d’écran JAWS. C’est ainsi que Jean Marie D’Amour et Martine D’Amour en collaboration avec Robert Deschênes et Chantal Nicole définissent l’environnement Windows comme étant : « Un environnement visuel qui imite le monde réel : la surface de votre bureau de travail» manuel401.html.

Certes Windows est un environnement visuel, mais des moyens alternatifs permettent aux déficients visuels d’effectuer plusieurs de ses opérations. C’est dans cette perspective que la presque totalité de ces opérations peuvent être réaliser par des commandes du clavier au détriment de la souris. Pour un élève déficient visuel donc, il va capitaliser ses manipulations sur la maîtrise parfaite du clavier. Les précédents auteurs affirment : « Le fonctionnement de Windows vous apparaîtra moins comme un jeu et exigera de vous plus de concentration ».

Après avoir présenté holistique ce qu’est Windows, il convient de préciser quels sont les principaux avantages liés à son utilisation par les élèves déficients visuels. Nous nous attarderons essentiellement sur deux de ceux-ci.

Un des grands avantages de Windows est la capacité d’utiliser de façon simultanée plusieurs applications. C’est ce que l’on appelle le multitâches. Fidèle à l’imitation du bureau ordinaire, ou encore du bureau physique, il est possible de garder ouvert en même temps plusieurs outils de travail comme le document qu’on est en train d’écrire, un autre qu’on lit. La seule limite est la quantité de mémoire vive ou mémoire de travail disponible sur votre ordinateur. Celle-ci est exprimée en mégaoctets ou Mo ou encore « megs » dans le langage courant dérivé de l’anglais « megabytes ».

 

Un dernier avantage de Windows est qu’il offre souvent plusieurs chemins pour arriver au même résultat. Cela peut paraître à première vue comme une complexité inutile. Cependant, comme il y a plusieurs façons de faire les choses, il est possible de choisir celle qui semble la plus facile. Et, quand les différents chemins proposés par Windows demeurent tous difficiles d’accès, JAWS vient au secours en proposant une façon mieux adaptée d’obtenir le résultat souhaité.

 

2- Le programme d’application Microsoft Word

a) Origine et évolution

Le programme d’application Microsoft Word permet d’effectuer le traitement de texte. Une présentation de l’origine du traitement de texte est faite en 2008 par Modeste NKUTCHET dans l’un de ses ouvrages scolaire d’informatique. S’étant aperçu que les paroles s’envolent et l’on ne peut plus s’en souvenir et/ou les réutiliser au moment opportun, l’homme a trouvé un moyen d’information et de communication à travers les écris qui ont trouvé leur origine sous le règne des pharaons en Egypte ; des techniques d’écriture et le papyrus pour y écrire.

Avant le développement des micro-ordinateurs et l’apparition des logiciels de traitement de texte, ce sont les machines à écrire qui servaient d’outil d’écriture mécanique. Sachant que l’utilisation des machines à écrire n’était pas aisée à cause de : l’impossibilité d’obtenir des copies du document saisi sans le recours au carbone, la pénibilité des corrections qui nécessitaient des liquides spéciaux pour masquer les fautes avant une refrappe, et la difficulté d’obtenir des documents de qualité et pour les déficients visuels particulièrement l’impossibilité de se relire et de se corriger sans le recours d’un clairvoyant.

 

b) L’avènement du traitement de texte

Le concept « traitement de texte » est apparu en 1964 chez IBM, en Allemagne, avec l’expression « Textverarbeitung » affirme Modeste NKUTCHET (2008). Il était, en fait, essentiellement utilisé en interne par cette compagnie. L’expression a été devenue traitement de texte en français. On s’apperçoit dans Initiation à l’ordinateur (1999) que le traitement de texte est possible à l’aide de nombreux logiciels allant du plus simple tels que WordPad et Bloc-Notes qui sont livrés avec Windows au plus sophistiqué mais plus cher comme WordPerfect, Lotus Ami Pro et Microsoft Word.

Ce dernier logiciel de traitement de texte a fait l’objet de notre étude, particulièrement la version 2003. Il dispose des fonctionnalités essentielles parmi lesquels :

  • La saisie et la mise en forme des textes ;

  • La vérification de l’orthographe des mots à partir du dictionnaire intégré ;

  • l’enregistrement des informations saisies dans un fichier ;

  • L’ouverture du texte sauvegardé dans le but d’apporter des modifications éventuelles par simple suppression ou ajout d’un caractère ou une chaîne de caractères, etc.

Dans cette présentation, les notions suivantes seront abordées :

- La saisie et la modification du texte dans l’application Microsoft Word ;

- La mise en forme du texte.

 

3- la souris

Le Dictionnaire Universel (1988) définit la souris comme un petit dispositif électronique de commande, manuelle et mobile, permettant de repérer et de pointer un point d’image sur l’écran. La souris sert de raccourcis pour accéder à la plupart des commandes. Elle sert à commander les logiciels et à se déplacer sur l’écran (initiation à l’ordinateur pour toute la famille 1999, P8). La souris sert surtout à naviguer sur l’écran et est particulièrement utile pour les logiciels de dessin et de peinture.

Il faut cependant relever que la souris n’est pas toujours connue sous la forme habituelle. Il existe pour ainsi dire des souris intégrées à certains logiciels à l’instar du logiciel de synthèse vocale JAWS. Et on peut dès lors comprendre qu’en l’absence du sens de la vue, il est donc possible d’utiliser un logiciel dont son application doit s’intégrer au clavier de l’ordinateur. Dans le même sens, les raccourcis clavier seront capitalisés lors des diverses manipulations chez les déficients visuels.

 

4- l’écran

Un écran est un périphérique de sortie d’ordinateur sur lequel s’affiche les données. Cet organe reflète les informations interprétées et transformées de l’analogie au numérique depuis l’unité centrale. Il peut également être considéré comme un moniteur. Aujourd’hui, l’évolution technologique a conçu des écrans tactiles où la manipulation des différentes rubriques et/ou fenêtre se fait à l’aide du toucher. L’interface n’est pas encore accessible au toucher par les personnes non-voyantes.


5- l’imprimante

L’imprimante est un appareil destiné à l’impression sur du papier les informations contenues dans l’ordinateur. Située généralement à côté de l’ordinateur, l’imprimante est considérée comme un organe de sortie qui permet de recevoir sur support physique les information apparaissant à l’écran.

 

II-1-2 outils technologiques spécialisés

Les technologiques adaptatives sont des aides techniques dont peuvent bénéficier les élèves en difficultés notamment les déficients visuels. Ce matériel spécialisé permet à ces élèves déficients visuels de s’approprier certaines tâches sur l’ordinateur comme la pratique du traitement de texte. Les outils spécialisés que nous avons recensés sont liés à trois sens précis qui sont la vue, le toucher et l’audition.


II-1-2-A Outils visuels

II-1-2-A-1) la loupe

La loupe est un instrument d’optique subjectif constitué d’une lentille convexe permettant d’obtenir d’un objet un agrandissement d’image. La souris est utilisée par les amblyopes c’est-à-dire les élèves frappés d’une acuité visuel faible pour se déplacer à l’écran tout en percevant ce qui y est affiché. Dans ce cas, un logiciel d’agrandissement à l’instar de Zoom text, doit être installé dans le PC (Personnal Computer).

 

II-1-2-B Outils tactiles


II-1-2-B-1) l’écriture braille

La création de l’écriture braille en 1825 pour les aveugles et par un aveugle nommé Louis Braille a été la première révolution pour les aveugles. Il s’agit de points en relief, lus à partir du toucher permettant ainsi aux aveugles de s’épanouir à travers l’écriture et la lecture. Cette forme d’écriture est analytique dans la mesure où, selon Christian Coudert, « L’écriture braille est un système de communication qui appartien à la linguistique » (2005). On peut comprendre en ces termes qu’en tant que ensemble des signes et symboles permettant aux aveugles de pouvoir communiquer entre eux, l’écriture braille évolue avec le temps.

 

II-1-2-B-2) La plage tactile

Encore appelé terminale braille ou afficheur braille ou communément ordinateur de l’aveugle, cet appareil d’entrée et de sortie constituent une évolution de l’écriture braille du point de vue du développement de l’informatique adaptée. Il existe deux grandes familles de matériaux spécifiques pour la lecture braille :

La plage tactile, qui permet le suivi en braille des informations affichées en combinaison avec la synthèse vocale ou non. Elle est composée d’une barrette comprenant de picots qui reconstituent les cellules braille (pour les caractères). Ces picots sont mobiles (ils montent et descendent) au fur et à mesure de la lecture et écriture. Elle dispose également des curseurs éclaires destinés, par simple appui, à se positionner sur un élément précis de l’afficheur braille.

Il existe différentes dimensions de plage tactile : 20, 40, 60 ou 80 caractères. La plage tactile restitue les informations affichées à l’écran. Dorénavant, certaines plages brailles peuvent se connecter en Bluetooth (sans fil), exemple le modèle POCKET VARIO, SUPER VARIO… Sur la majeure partie de ces barrettes, les caractères brailles peuvent être enfoncés avec le doigt (grâce à la présence de routines curseurs) de manière à simuler un clic de la souris sur le caractère.

Le bloc-notes : il a pratiquement la même fonction que la plage tactile. Il offre la possibilité d’une lecture et d’une écriture indépendante de l’ordinateur grâce à leurs fonctionnalités internes. L’écriture nécessite la saisie de texte à partir d’un clavier spécifique pour les personnes aveugles.

Il peut être livré avec un clavier AZERTY ou un clavier BRAILLE (PERKING) avec les points brailles. Lorsque l’on écrit avec ce dernier type de clavier, il suffit de taper en même temps sur les touches correspondantes pour obtenir les caractères.

Connecté au pc, le bloc-notes peut devenir plage braille. En mode autonome, le bloc-notes permet de prendre des notes lors d’une réunion, lire dans le train, de saisir ses cours… Attention, néanmoins avec un bloc-note, l’élève apprend à travailler sur un document virtuel. Il doit donc avoir une aisance de navigation dans son document, et cela se fait rapidement car l’outil s’y prête. La gestion des fichiers et dossiers doit être enseignée impérativement car il ne doit pas se retrouver « sur-handicapé » dans cette tâche. En effet, si l’élève est intégré, il faut comprendre que le voyant recherchera rapidement le « bon cahier », il doit en être de même pour l’enfant aveugle.

 

II-1-2-B-3) Le clavier

Le clavier est un outil pouvant être considéré comme une technologie ordinaire. Dans le cas de l’apprentissage des TIC pour apprenant DV, l’usage du clavier devient spécifique. Il est défini par le Dictionnaire Universel (1988), comme l’ensemble des touches d’un ordinateur. Dans INITIATION à L’ORDINATEUR pour toute la famille, il est dit que le clavier permet de saisir du texte et des chiffres, de commander les logiciels et de se déplacer sur l’écran (P8). Le clavier est la voie de communication directe entre l’utilisateur et l’ordinateur.

- Le clavier d’un PC est essentiel. Il se compose de quatre parties principales :

D’un clavier de machine à écrire autrement dit touches alphanumériques: elles comprennent les lettres, les nombres, et les symboles de ponctuations.

 

- Le pavé numérique: il ressemble aux touches d’une calculatrice

- D’un jeu de touches de fonctions : elles se trouvent au-dessus du clavier alphabétique et sont identifiées par la lettre F suivi d’un nombre (F1, F2, …, F12) pour effectuer des tâches spécifiques.

 

- Ainsi que d’un pavé de touches de direction ou de déplacement du curseur avec des flèches permettant de se déplacer sur l’écran. Elles sont divisées en deux parties: les touches fléchées qui permettent de déplacer le curseur sur l’écran dans le sens de la flèche et les touches Inser, Suppr, pge, suiv, origine, et Fin qui sont regroupées au-dessus de ces quatre touches.

La spécificité de cet organe d’entrée est avérée. Il est considéré pour les déficients visuels comme la porte d’entrée pour l’utilisation autonome d’un ordinateur. A ce titre, sa maîtrise ne doit faire l’objet d’aucune économie.

 

II-1-2-B-4) L’imprimante braille

On retrouve plusieurs types d’imprimante braille et à chacune d’entre elle correspond une description particulière.

L’imprimante Braille INDEX Basic-D est une embosseuse recto-verso utilisant le principe d’impression continue sur papier listing. Sa vitesse est de 90 caractères par seconde (mode recto-verso) ; elle est livrée avec WinBraille, logiciel d’édition de textes en Braille sous Windows. Elle offre des points Braille d’excellente qualité, le procédé d’impression réduisant le risque de trous et de points craquelés. Elle bénéficie d’une nouvelle interface utilisateur très conviviale fondée sur une ergonomie du panneau de commandes (en Braille et en « noir ») qui utilise une voix synthétique pour confirmer les commandes ou sélections.

L’imprimante Braille INDEX Everest est une embosseuse recto-verso, munie d’un chargeur feuille à feuille, dont la vitesse d’impression est de 100 caractères par seconde (en mode recto/verso). Tout comme la précédente, elle est livrée avec WinBraille et offre une sélection des paramètres contrôlés par un affichage numérique, un niveau sonore bas. Ses caractéristiques sont pratiquement les mêmes que pour la Basic-D. L’atout principal est qu’il est moins coûteux. Toutes les qualités de papier ayant un grammage suffisant peuvent être utilisées, l’introducteur feuille à feuille pouvant en contenir de 100 à 150.S


II-1-2-C Outils d’audition


II-1-2-C-1) Hauts Parleurs

Le haut-parleur, baffle ou écran sonore permet d’émettre des sons. Cet organe de sortie est indispensable aux déficients visuels qui ne maîtrisent pas encore l’utilisation de l’afficheur braille. Les haut-parleurs permettent ainsi le retentissement de l’écho de la synthèse vocale.

 

II-1-2-C-2) Synthèse vocale

Bien que les TIC soient en cours d’intégration dans le système éducatif Africain en général et camerounais en particulier, elles demeurent mal connues et pratiquement pas accessibles aux handicapées visuelles et spécifiquement les élèves. En effet, pour les aveugles ou malvoyants, avoir accès à un ordinateur, requiert un lecteur d’écran. Christian Zambou, clairvoyant et formateur spécialisé dit du lecteur d’écran qu’il est « un logiciel spécial capable de transmettre le code informatique à une synthèse vocale, ou une plage braille. Ce, afin que l’écran puisse être consulté autrement que visuellement ».

Screen reader en anglais, un lecteur d’écran est semblable à un moniteur c’est-à-dire un périphérique de sortie usuel d’un ordinateur. C’est un logiciel pour déficients visuels, dit Wikipedia, qui tente d’identifier et d’interpréter ce qui est affiché sur un écran, ensuite le texte est retranscrit, soit en un texte braille, soit en un texte sonore (par synthèse vocale), c’est-à-dire un logiciel de TTS (Text To Speech: Synthèse vocale) en fonction de la langue sollicitée.

Il existe différents types de lecteurs d’écran utilisé par les différents systèmes d’exploitation.

Sous Mac OS X, on a VoiceOver (Interface en anglais uniquement), VisioVoice de la société AssistiveWare.

Sous linux, les lecteurs d’écran les plus connus sont : BRLTTY (BRaille TTY) et suse-blinux (BLind Linux) où le Braille est le format de sortie ; screader  qui a pour format de sortie la Synthèse vocale; etc.

Les plus connus sous Windows sont :

Le logiciel Narrator qui s’utilise avec Internet Explorer, l’explorateur de Windows, le panneau de configuration, Wordpad, Notepad, mais pas avec Office. Il lit aussi les boîtes de dialogues des applications Windows.

Les lecteurs d’écran commerciaux sous Windows dont le plus connu est :

Jaws (Job Access With Speech) de la société Freedom Scientific, braille et Synthèse vocale sont les formats de sortie ;

Vient ensuite Hal Screen Reader de Dolphin Computer Access, puis Window-Eyes de la société GW Micro. Ils ont tous le Braille et la Synthèse vocale comme formats de sortie) ;

Les autres lecteurs d’écran sous Windows sont :

Screenfull, c’est un des projets de SourceForge. Il fonctionne avec les différentes versions de Windows.

NVDA (NonVisual Desktop Access) est un nouveau lecteur d’écran gratuit et sous licence GPL. Ce logiciel est développé par Michael Curran avec l’appui de James ted. Il est traduit et adapté en français par Michel Such.

 

 

 

 

 

Le lecteur d’écran Jaws est celui que nous présenterons particulièrement d’autant que nous l’avons utilisé pour notre étude. Il a été choisi parce qu’il est adapté pour s’utiliser sous Windows et avec Microsoft Office Word.

Historique

L’américain Ted HENTER conçoit JAWS pour la première fois en 1989, logiciel permettant de rendre accessible MS-DOS aux déficients visuels; produit et commercialisé par la société Henter-Joyce. Cette dernière s’unit plus tard aux sociétés Blazie Engineering et ArkenStone pour former la société Freedom Scientific où Jaws est développé en partenariat avec Microsoft. Ce n’est qu’en 1993 que JAWS est adapté à l’interface graphique de Windows sous le vocable JFW (Jaws For Windows).

C’est en effet un lecteur d’écran sous Windows qui transforme ou modifie un texte affiché sur l’écran en un texte oral (accès vocal) ou un texte en braille tout en interagissant avec le Système d’exploitation et les logiciels et applications standards tels que MS Excel, MS Outlook, Outlook Express, Internet Explorer, MS Word…. Il s’utilise également avec une plage tactile c’est-à-dire un matériel spécifique permettant la lecture tactile  » braille ». De manière générale, Jaws peut être configuré dans un ordinateur portable ou de bureau avec l’environnement Windows 95, 98 et XP. L’utilisateur peut le personnaliser tout en y rendant accessible les applications non standards à l’aide des scripts. Il est parfaitement compatible avec l’utilisation simultanée des logiciels d’agrandisseur d’écran à l’instar de MAGIC 9.x pour les apprenants malvoyants.

M Castrillo & P Bossard, lors du Congrès de l’ARIBa 2002 Nantes, présente Jaws comme le logiciel spécifique permettant aux élèves et personnes braillistes de se faire lire vocalement par une voie de synthèse :

• Les informations affichées à l’écran.

• La saisie de caractères d’un document (à partir d’un traitement de texte: Word).

• La lecture de certains cédéroms (dictionnaire, encyclopédie…).

• La numérisation de documents à partir d’un scanner.

• L’accès à Internet en fonction de l’accessibilité des sites.

Bien que la synthèse vocale Jaws ait un coût très élevé, cela est pallié par des versions de démonstration gratuite et possédant les mêmes fonctionnalités que le logiciel. Il est fourni d’origine avec une synthèse vocale de base appelée Eloquence mais il est possible de lui en adjoindre une autre, au choix comme SAY IT PRO 2005 VS qui intègre les voix de Virginie et Sébastien, d’une qualité très proche de la voix humaine.

 

Les fonctionnalités de JAWS

Les fonctions de JAWS peuvent être répertoriées en deux catégories d’une part, les fonctions de lecture et d’épellation, et les fonctions d’information et d’accès au paramétrage permettant d’influer sur le comportement de l’éditeur vocal d’autre part.

- L’éditeur vocal JAWS

La fonction de ce logiciel est de capter l’information visuelle affichée à l’écran, afin de la traiter et de la restituer sous forme sonore grâce à l’appoint d’une synthèse vocale, et/ou tactile au moyen d’une plage braille, de manière à la rendre accessible. Ce logiciel peut être exploité de manière différente, selon l’équipement dont dispose l’utilisateur, ou selon ses préférences :

- à l’aide d’une synthèse vocale uniquement,

- en utilisant simultanément une synthèse vocale et une plage braille,

- en utilisant une plage braille uniquement,

L’apprenant ou l’établissement scolaire disposant à la fois de l’écho sonore et d’une plage tactile bénéficie assurément de l’outil idéal, en effet ces deux équipements se complètent avantageusement d’une part par la rapidité de l’écho sonore de l’éditeur vocal lors de la frappe, et par le positionnement précis que permet la plage tactile lors de corrections et/ou de modifications, d’autre part.

Le premier réglage qu’un apprenant débutant sera amené à opérer sera de régler les paramètres de la voix de manière à sélectionner le débit d’élocution et l’intonation qui lui conviennent, afin de démarrer son apprentissage dans les meilleures conditions de confort possible.

JAWS restitue vocalement les informations affichées à l’écran grâce à la carte son du micro-ordinateur. C’est la raison pour laquelle son utilisation impose un lieu isolé de tout bruit extérieur et une salle aérée où l’apprenant spécial doit être bien captivé par son travail et ne pas être distrait par l’extérieur. La voix de l’enseignant intervient pour orienter ou guider l’apprenant sur la manière de passer d’un texte à un autre. En classe, il est impératif d’utiliser des casques sinon vous imaginez le « bruit » dans la pièce.

 

Fonctions de lecture et commandes JAWS

La plupart des commandes de JAWS pour WINDOWS sont activées à partir de la touche INSER du clavier numérique, en combinaison avec une touche du clavier principal. Par conséquent, l’éditeur vocal verrouille systématiquement le clavier numérique en mode déplacement, et par conséquent les chiffres devront être incorporés à partir du clavier alphanumérique. Christian Zambou, Professeur d’informatique adapté en France, élabore quelques fonctions de lecture et commandes JAWS comme suit:

- Touche 5 sur pavé numérique annonce du caractère courant.

- Touche 5 sur pavé numérique pressée deux fois rapidement épellation télégraphique de ce caractère.

- Touche 4 sur pavé numérique ou flèche gauche sur clavier principal lecture et déplacement sur le caractère précédent.

- Touche 6 sur pavé numérique ou flèche droite sur clavier principal lecture et déplacement sur le caractère suivant.

- INSER+5 sur pavé numérique lecture du mot courant.

- INSER+(deux appuis successifs sur 5) sur pavé numérique épelle le mot courant.

- INSER+4 sur pavé numérique ou Ctrl+flèche gauche sur clavier principal lecture et déplacement sur le mot précédent.

- INSER+6 sur pavé numérique ou Ctrl+flèche droite sur clavier principal lecture et déplacement sur le mot suivant.

- INSER+8 ou flèche haut sur clavier principal lecture de la ligne courante.

- Touche 8 sur pavé numérique ou Flèche haut sur clavier principal déplacement et lecture de la ligne précédente;

- Touche 2 sur pavé numérique ou Flèche bas sur clavier principal déplacement et lecture de la ligne suivante.

- Alt+5 sur pavé numérique lecture de la phrase en cours.

- Ctrl+5 sur pavé numérique, lecture du paragraphe en cours.

- INSER+2 sur pavé numérique déclenche la lecture depuis la position du curseur jusqu’ą la fin du texte, avec ce type de lecture, une pression sur PAGE SUIV augmentera le débit, alors qu’une pression sur PAGE PREC produira l’effet contraire.

 

Quelques raccourcis d’informations JAWS bien utiles

- Un appui sur CTRL arrêté la lecture.

- INSER+T annonce le titre de la fenêtre active, dans une boîte de dialogue annonce également l’onglet actif.

- INSER+F renseigne sur le type de police, sa taille, sur le style de caractère, l’interligne et le formatage du paragraphe en cours.

- INSER+C lecture du mot mal orthographié tel qu’il apparaît dans le texte à utiliser dans la boîte de dialogue grammaire et orthographe de WORD.

- INSER+MAJ +FLECHE BAS sur pavé numérique lecture du texte sélectionné.

- INSER+B énumération des rubriques dans une boîte de dialogue dans l’ordre de tabulation.

- ALT+SUPPR annonce le curseur actif et sa position exprimée en centimètres, par rapport au bord gauche et au haut de page ainsi que le numéro de page en cours dans l’application WORD.

 

 

Un casque pour l’écoute silencieuse de la synthèse vocale

 

 

 

3- Scanner

Un scanner, ou numériseur à balayage est l’équivalent du terme anglais scanner, qui vient du verbe anglais to scan, signifiant « balayer » dans le sens de « parcourir une certaine étendue » comme le dit le dictionnaire électronique en ligne « Wikipedia ». Il est semblable au clavier en ce sens qu’il est un outil technologique ordinaire utilisé de manière spécifique par les DV. Le scanner peut être également utilisé comme outil adapté. Le scanner photographie le document imprimé et le met dans la mémoire de l’ordinateur. Ensuite, le logiciel de reconnaissance de caractères (OCR) reconnaît l’image et le transmet dans la mémoire de l’ordinateur. Dans notre contexte, le scanner ne doit pas se confondre à un scanner médical. Il s’agit d’un scanner de documents. C’est donc un appareil qui permet de numériser un document pour l’avoir sur ordinateur pour pouvoir le lire, le remodeler et l’imprimer ou le réimprimer.

L’utilisation du scanner par l’apprenant requiert, du point de vue pratique, une bonne autonomie gestuelle d’autant plus que l’élève apprend à mettre correctement le document sur le scanner. Au début de l’apprentissage, cette tâche apparaît difficile particulièrement si le document est volumineux mais progressivement, l’élève s’adapte. Il existe 2 principaux logiciels OCR accessibles :

OPEN BOOK (qui offre la possibilité, associé à un scanner, de lire, modifier et gérer les documents imprimés, en les numérisant et les convertissant en information numérique) ;

OMNIPAGE (qui est un logiciel de reconnaissance de caractères. Il nécessite l’adjonction d’un scanner au poste de travail. Le document imprimé est posé sur le scanner, le logiciel le numérise et traite les données de manière à restituer à l’écran le contenu de la page. Il possède une option qui permet de le faire travailler depuis Word, sans sortir de l’application).

Lancement du scanner depuis Word : Commandes utiles

- Ouvrez le menu Fichier et cliquez sur « Acquérir le texte ».

- Le scanner est alors lancé, puis la numérisation et la reconnaissance de caractères sont effectuées, et le texte reconnu apparaît dans le document Word à la position du curseur.

Par comparaison aux points embossés sur le papier, les points de l’afficheur paraissent plus distincts au toucher. De même, pour un débutant brailliste, il est plus facile de suivre la ligne en cours de lecture sur un afficheur braille que sur un livre, car il ne risque pas de glisser par erreur sur une autre ligne.

 

Le présent chapitre nous a donné l’occasion de présenter une panoplie de matériel informatique. La différence a été faite entre les outils informatiques ordinaires et adaptés. Il ressort que les outils ordinaires tels le clavier de l’ordinateur, l’écran et les autres périphériques de sortie, peuvent, selon les cas, être utilisés par les aveugles au même titre que les clairvoyants. Cependant, il existe des logiciels spécialisés dont l’utilisation après l’initiation comme JAWS, permet aux déficients visuels un accès à l’ordinateur en toute autonomie. Mais, comment procéder pour réussir une telle initiation ? Telle est la principale question à laquelle nous allons porter essentiellement l’attention dans le chapitre suivant.

 


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