ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS



PÉDAGOGIE SPÉCIALISÉE

« Enseignement spécialisé du traitement de texte avec Word pour les élèves déficients visuels du secondaire: cas des élèves non-voyants » suite

CHAPITRE 4 : TECHNIQUES SPECIALISEE POUR L’ENSEIGNEMENT DES TIC AUX DEFICIENTS VISUELS

 

L’élève déficient visuel est un cas spécifique. Son encadrement nécessite des techniques pédagogiques spécialisées. En particulier lorsqu’on aborde la discipline informatique. On ne cesse de s’interroger sur la façon de transmettre les connaissances aux élèves non-voyants particulièrement pour cette nouvelle discipline qui cherche encore ses marques dans le système éducatif camerounais. Un ensemble d’information a été recueilli auprès des élèves et des enseignants d’informatique, afin de mieux saisir les techniques utilisées pour l’encadrement de cette catégorie d’élèves. Ce chapitre prend en compte les techniques spécifiques pour l’enseignement du traitement de texte aux apprenants non-voyants. Nous nous intéresserons à la pédagogie spéciale en salle de classe et en salle machine. Ce qui va nous conduire à la fin de ce chapitre à la conception d’un cours sur la sélection dans Microsoft Word, et à la conception et réalisation d’un didacticiel d’apprentissage interactif.


  1. Pédagogie spécialisée 

Comme son nom l’indique, la pédagogie spécialisée renvoie à une forme de transmission de connaissances appliquée à une catégorie spécifique d’élèves. Il s’agit ici des élèves aveugles. Cette pédagogie intègre la conduite des cours théoriques et pratiques.

 

II-2-1) Pédagogie spécialisée: en salle de classe

De prime abord, l’élève déficient visuel évolue dans un environnement qui n’est pas initialement le sien. Cela suppose des méthodes spécifiques propres à sa condition de handicapé visuel pour favoriser son inclusion scolaire. Cette approche pédagogique permet d’encadrer l’apprenant déficient visuel d’une manière particulière en ce sens qu’il est différent des autres.

- avant toute chose, l’apprenant déficient visuel doit avoir une connaissance de son environnement scolaire. Cette connaissance environnementale se fait généralement avant la rentrée scolaire. Il doit découvrir l’espace et pouvoir déceler et identifier les repères spatiaux de l’établissement comme la position de sa salle de classe, les toilettes, etc. Il devra maîtriser la description intérieure de ces pièces. .

- dans une salle de classe, l’élève non-voyant devra être assis de préférence sur le premier banc. Cette position permet à l’enseignant de toujours se rappeler de lui, afin de se rassurer à chaque fois que l’apprenant déficient visuel est au même niveau que ces camarades valides.

La voix de l’enseignant en pédagogie spécial devra être audible, tout ce qui est écrit au tableau devra aussi être dicté.

En cas de besoin, les mots difficiles devront être épelés. La description minutieuse voire tactile des données ou information est également capitale pour l’encadrement non élève dépourvu du sens de la vue. Ainsi, dans la mesure du possible, les objets physiques seront nécessaires pour permettre la saisie aisée des images au tableau noir.

On devra s’assurer aussi que l’élève non-voyant est accepté par ces camarades de classe. Cela passe par le partage de son banc avec un camarade clairvoyant. Il ne devra pas se sentir frustrer et rejeter. Au contraire, il serait davantage indispensable d’inspirer confiance en lui pour une meilleure assimilation des connaissances qui lui sont transmisses. Le non-voyant devra être gentil, sociable et discipliné afin que ses amis l’aident et le guide.


Évaluation en salle de classe

L’évaluation est une méthode d’apprentissage qui permet comme que le dit Kengni, « le suivi des apprenants ». Ce dernier pense qu’il faudrait passer radicalement par des évaluations écrites et pratiques après chaque leçon. Pour les apprenants NV, il existe plusieurs techniques d’évaluation qui s’affrontent ou se confrontent. En matière informatique généralement, Daniel Kengni déclare :

« nos sujets comportent trois principaux groupes :
Le premier est basé sur les connaissances générales (définition, questions, etc. Le deuxième est basé sur les raccourcis clavier utilisés pour effectuer certaines manipulations. Le troisième groupe concerne les différentes descriptions de processus ou étapes pour réaliser des opérations pratiques. La dernière porte sur les manipulations »
.

D’aucuns désirent que les apprenants NV traitent les épreuves en braille, tandis que l’enseignant consulte un traducteur. Cette méthode est généralement utilisée au Lycée de Nkol-eton. Mme Djem, Censeur du département d’informatique de cet établissement ne l’approuve pas du tout parce que semble-il renferme quelques difficultés. Elle se justifie :

« Les non-voyants ne devraient pas être intégrés en milieu scolaire inclusif mais dans des établissements scolaires spécialisés qui sont adaptés pour leur prise en charge. Ceux qui sont dans cet établissement n’ont pas de suivi. Qui les encadrera ? Les enseignants d’informatique que nous disposons ici sont très jeunes et n’ont reçu aucune formation pour suivre ces enfants. D’autre part, que ce soit en informatique ou dans les autres disciplines, il n’ya personne pour traduire leur épreuve en braille. Par conséquent, il ya un élève qui risquerait de reprendre sa classe l’année prochaine parce qu’il n’a pas été évalué. Il est vrai qu’il ya quelques personnes venant de PromHandiCam qui se sont portées volontaires pour accomplir cette tâche [traducteur bénévole] mais ils ne sont pas toujours là quand on a besoin d’eux d’autant plus qu’ils ne sont pas rémunérés. Et quand bien même ils sont là, ils ne remettent pas toujours les épreuves au moment opportun et se plaignent du temps insuffisant qu’on leur accorde. Néanmoins, nous ne pouvons pas leur donner des épreuves qui sont censées être confidentielles pour une longue durée. Il pourrait y avoir fraude ou fuite de données. Par conséquent, l’idée de scolariser les élèves DV dans un établissement inclusif est à proscrire. Je l’ai toujours dit, il ne faut pas toujours émettre des idées sans connaître les retombées et les difficultés qui s’en suivront. Il faut des mesures d’accompagnement pour qu’un non-voyant suive des études dans un établissement scolaire comme le nôtre (inadapté aux problèmes sociaux et à la déficience visuelle

- L’enseignant doit dicter les questions aux NV. C’est ce qui est fait dans la plupart d’établissement inclusif accueillant les NV. Selon Soh, enseignant d’informatique, « au sein du Lycée de Nkol-éton, les épreuves sont dictés pour les élèves NV « .

De plus en plus, l’utilisation de la machine mécanique à écrire est requise pour tous les élèves déficients visuels. C’est un moyen efficace par lequel l’élève répond fidèlement et individuellement aux questions. Cependant, elle possède un inconvénient majeur. L’élève ne pouvant se relire, il est par conséquent difficile de corriger les erreurs de frappe ou d’idées si ce n’est recommencer avec une nouvelle copie. Cette difficulté s’ajoute au problème de temps supplémentaire déjà inexistant.

 

 

II-2-2) Pédagogie spécialisé: en salle machine

La salle machine, lieu par excellence de l’application et de la réalisation du cours théorique vue en salle de classe, permet à l’apprenant de mieux s’exercer et d’évaluer son niveau de compréhension et d’aptitude face à la leçon. L’évaluation de la taxonomie de Bloom est faite afin de voir le niveau de progression de l’apprenant.

En ce qui est des épreuves d’évaluation ou de contrôle de connaissance en salle machine, il est plus avantageux qu’il soit conçu pour être traité sur ordinateur. Dans ce cas, l’apprenant, par le biais de l’audition, écoute l’épreuve et la traite également par le même canal. Cette voie a de nombreux atout en ce sens que l’apprenant peut se relire, il peut également convertir son texte en braille pour l’imprimer ou le conservé en écriture ordinaire. Cela diminue la charge de l’encadreur qui n’a plus besoin d’un traducteur spécialisé en braille pour le faire. Le coût pour contacter un traducteur est réduit et les risques de fraude ou de fuite d’information l’est également.

 

Un impératif pédagogique : la maîtrise du clavier

Avant d’aborder le cours du traitement de texte à l’aide de Word et d’enseigner les nouvelles technologies adaptées, il est impératif de maîtriser l’utilisation du clavier. Il s’agit en effet de l’outil qui va permettre au DV de communiquer avec son ordinateur. Si certaines contraintes peuvent sembler fastidieuses telles que le bon positionnement des mains sur le clavier ainsi que le respect du doigté requis pour accéder aux touches, l’application rigoureuse de ces règles seront par la suite extrêmement bénéfiques. En effet, une maîtrise insuffisante du clavier sera un obstacle pour l’apprenant DV lors de l’apprentissage du traitement de texte.

En plus de la description du clavier, il est important et nécessaire qu’une personne déficiente visuelle le découvre elle-même en y positionnant ses deux mains à plat, en les déplaçant de gauche à droite, ceci lui permettra de se faire une bonne représentation mentale de la disposition spatiale des différents blocs qui composent un clavier 105 touches pour Windows. Nous ne reviendrons pas, au risque de nous reprendre, sur la disposition des différents pavés du clavier de l’ordinateur.

 

Il est important dans les débuts d’apporter quelques conseils de base au niveau de la posture. Le dos est appuyé au dossier du siège tandis que les bras sont en souplesse contre le corps. Les poignets restent arrondis, détendus. Tout ce que le NV ne touche pas est inexistant pour lui. La maîtrise du traitement de texte passe donc par la maîtrise du clavier Azerty. Même la machine à écrire Azerty respecte le positionnement du clavier Azerty. Le toucher est méthodique est la technique utilisée d’autant plus que chaque doigt se place sur une lettre précise c’est-à-dire correspond à un doigt bien précis. Chaque doigt se détache de la main pour frapper et revient à sa position de départ, avant de relancer une nouvelle frappe. L’apprentissage du traitement de texte demande de la rigueur et de la technique. C’est pourquoi il faut encourager l’élève à bien positionner ses mains sur le clavier. Il doit se référer à certains repères. Partir de barre d’espacement, sur la deuxième ligne de touches, repérer les touches F et J marquée par un point en relief. Précisez aux élèves débutants que l’index gauche doit être sur le point en relief à gauche, lettre F et que l’index droit doit être sur le point en relief situé trois touches plus loin à droite, lettre J. L’élève doit être aidé pour le repérage des touches essentielles en informatique : Ctrl gauche et droite, Schift ou Maj, Windows, la touche Entrée…

 

REPRESENTATION MENTALE

En informatique adaptée, il est capital pour les élèves braillistes pendant le processus enseignement / apprentissage, de se faire une forte représentation mentale lorsqu’ils travaillent en se servant d’une synthèse vocale et d’un terminal braille de ce qu’est un écran ordinaire et de posséder de bonnes facultés de mémorisation. En effet, ne pouvant visualiser l’écran, l’aveugle doit se le représenter mentalement, le mémoriser, se rappeler l’enchaînement des événements. Il doit, pour se représenter la réalité, la structurer, solliciter beaucoup plus qu’une personne voyante, ses processus de mémorisation et de synthèse, donc déployer une activité cérébrale très importante. C’est dans cette perspective que Daniel Kengni déclare :

« Dans le cadre de mon travail, étant en face des aveugles comme moi, j’utilise la technique de l’illustration représentative ou représentation mentale. Elle consiste pour moi en temps que enseignant, de pouvoir rapprocher l’objet virtuel en objet matériel, pour que l’apprenant puisse se saisir de sa réalité physique. Cette approche permet de rendre facile la compréhension du cours » entretien réalisé le 02 mai 2009.

On comprend dès lors que pour qu’un aveugle puisse se représenter une fenêtre de Microsoft Word sur un écran d’ordinateur, il devra la considérer comme sa propre feuille braille sur laquelle il est en train de lire de la gauche vers la droite. Cela est également pareil pour la machine mécanique. Le sens du papier occupe aussi une dimension importante car, le non-voyant devra savoir s’il saisit son texte dans l’orientation portrait ou horizontale.

Au niveau de la mise en forme des caractères, le non-voyant devra savoir ce que sait que la sélection, la mise en évidence des éléments sélectionnés, et de pouvoir connaître par imagination quelle est la hiérarchie typographique des mises en évidence. Par exemple, les caractères gras, italique, la taille bref, le menu format devra être bien expliqué aux élèves déficients visuels. A ce niveau, les zones d’interaction telle les boîtes de dialogue seront d’une importance capitale à l’élève déficient visuel, pour lui faire comprendre qu’il agit parfaitement avec l’ordinateur.

 

Apprentissage et difficultés de l’informatique pour un déficient visuel

L’apprentissage du traitement de texte pour un déficient visuel (malvoyant et non-voyant) commence par une formation intensive en dactylographie car comme nous l’évoquions ci-dessus, c’est souvent son seul recours du fait qu’il ne puisse utiliser correctement la souris et qu’il ne puisse regarder les lettres du clavier. S’il utilise une plage braille tactile, il peut utiliser un clavier braille (8 touches représentant les 8 points) mais, si la frappe est souvent plus rapide, l’exécution des commandes est souvent plus complexe car élève doit se souvenir de nombreuses combinaisons de touches pour imprimer, enregistrer, mettre en forme, etc.

Toutes ces commandes demandent de la mémoire et, comme certains disent « en utilisant le clavier braille on me parle pas comme tout le monde ». Le clavier AZERTY est important car il permet de passer toutes les commandes et évite une fatigue visuelle notamment pour les amblyopes pour qui de toute évidence, l’utilisation de la souris à moyen terme est souvent complexe et source d’erreurs. Le non-voyant doit donc faire souvent appel à sa mémoire et à sa logique en cours de traitement de texte car il ne peut regarder facilement les informations affichées à l’écran. Il doit donc savoir comment aller chercher les différentes commandes à partir de son clavier :

Exemple :

Si le non-voyant veut présenter le titre de son document en gras, italique, souligné, en taille 20. Que doit-il faire sans utiliser la souris et la barre d’outils ?

Il peut employer la méthode suivante :

CTRL MAJ FLECHE BAS pour sélectionner le titre ;

Menu format que l’apprenant spécial peut atteindre en pressant ALT + T ou flèche droite jusqu’à FORMAT s’il ne connaît pas la lettre T (lettre soulignée) ;

Flèche bas jusqu’à la commande POLICE + validation avec la touche Entrée ;

2 fois tabulations pour arriver sur la liste STYLE qu’il déroulera avec flèche bas pour atteindre l’option GRAS ITALIQUE SOULIGNE.

Tabulation une nouvelle fois pour atteindre la rubrique TAILLE : soit il tapera la valeur souhaitée ou il cherchera avec la flèche bas 20.

Enfin, l’élève spécial tabulera plusieurs fois jusqu’au bouton OK pour valider son choix.

Pour la commande centrer, il utilisera le menu FORMAT/PARAGRAPHE…

Là encore, l’élève a besoin de savoir où se trouve la commande FORMAT/PARAGRAPHE et découvrir le contenu de la boîte de dialogue. Il faut toujours donner des repères en précisant par exemple que le menu format permet différentes mises en forme tant pour les caractères que pour les paragraphes…

En résumé, plus que toute autre, l’apprenant déficient visuel doit développer sa mémoire pour compenser son handicap. Cette aide lui est précieuse pour ses études et le sera davantage en milieu professionnel. L’apprentissage des raccourcis-clavier développe les capacités de mémorisation mais il est certain qu’avec un apprenant ayant des difficultés d’ordre psychologique, le travail de mémorisation est plus laborieux.

I. approche didactique

La didactique implique en matière d’enseignement, le recours aux divers supports permettant d’accompagner les apprenants dans leur processus d’assimilation de connaissance. Ainsi énoncé, l’intérêt porté sur les différentes ressources numériques, documentaires et autres, contribue à renforcer les aptitudes des apprenants même en l’absence de leur enseignant. Cette dimension s’impose encore plus chez les déficients visuels. Cela peut se traduire par des supports de cours, dans toutes les versions, à condition qu’il soit accessible aux élèves non et malvoyants.

Exemple d’un cours spécifique incluant les ressources de l’informatique adaptée

Comment éditer un texte à l’aide des commandes de sélection.

La sélection de texte est une fonction très puissante de Windows particulièrement utile dans le traitement de texte. En effet, elle vous permettra notamment de supprimer, de remplacer, de copier ou de déplacer des blocs de texte. Vous l’utiliserez également pour modifier la taille et l’apparence de votre texte.

Le texte surligné est facilement reconnaissable en braille par les points 7 et 8 formant une ligne continue sous les caractères. En synthèse vocale, JAWS lit automatiquement toute portion de texte surlignée à l’écran. Visuellement, le texte surligné apparaît à l’écran en polarité inversée, c’est-à-dire en caractères blancs sur fond noir dans un texte écrit en noir sur blanc. Si vous avez un résidu visuel, le passage surligné est facilement repérable à l’écran.

Le texte surligné peut être remplacé par n’importe quel texte ou simple caractère tapé au clavier. Dans plusieurs situations, il s’agit d’un avantage mais c’est également une arme à deux tranchants, car un texte surligné peut parfois être détruit accidentellement. Rassurez-vous, cependant : Windows a prévu une commande universelle pour réparer ce genre de gaffe. C’est la commande annuler qui correspond à la combinaison de touches ctrl-z.

Comme pour la lettre z qui est la dernière de l’alphabet, la commande annuler part de la dernière modification apportée au texte et vous permet de revenir en arrière. Dans certaines applications Windows, elle ne permet de défaire que la dernière opération effectuée, mais dans Word, vous pouvez, en répétant ctrl-z, revenir jusqu’à cent modifications en arrière. Une vraie machine à remonter le temps! Il s’agit donc d’une commande très importante à toujours garder en mémoire. Cette possibilité de remonter dans le temps ne serait pas complète s’il n’y avait pas également une commande pour annuler les annulations, au cas où vous reviendriez un peu trop loin en arrière. En toute logique, après avoir utilisé ctrl-z pour revenir en arrière, c’est la combinaison ctrl-y (i grec) qui permet de revenir dans l’autre sens. Comme ctrl-z, vous pouvez l’utiliser jusqu’à cent fois dans Word.

Pour sélectionner du texte, vous pouvez utiliser trois méthodes différentes. La première est universelle et fonctionne dans toutes les applications Windows y compris Word, la seconde ne fonctionne que dans Word et la troisième se réalise sur l’afficheur braille.

La première méthode implique toujours l’utilisation de la touche majuscule qui doit demeurer enfoncée pendant que vous déplacez le curseur par les flèches de direction ou avec d’autres touches de déplacement. La seconde utilise plutôt la touche f8 que vous devez taper avant de déplacer le curseur pour créer la sélection. Vous terminez l’opération de sélection avec la touche échapper. La deuxième méthode comporte un avantage pour les lecteurs braille parce qu’il est plus facile d’exécuter les commandes d’une seule main et de garder l’autre main sur l’afficheur braille.

Pour faire disparaître la sélection sans faire disparaître le texte surligné, vous pouvez simplement sortir de la sélection en déplaçant le curseur avec l’une des flèches de direction. Si vous sortez avec la flèche gauche ou la flèche haut, le curseur se placera au début du passage qui était sélectionné. Si vous sortez au contraire avec la flèche droite ou la flèche bas, le curseur se placera à la fin du passage qui était sélectionné.

À n’importe quel moment, vous pouvez demander à JAWS de vous relire le texte sélectionné avec la commande majuscule, pour le surlignement, combinée à la commande dire tout, insère-flèche bas ou 0-2 sur le pavé numérique. Vous formerez ainsi une combinaison de trois touches : majuscule-insère-flèche bas ou, si vous préférez, majuscule-0-2.

Exercice d’application 1 :

Utiliser la sélection avec majuscule.

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

 

2. Tapez les noms des 12 mois de l’année sans ajouter d’espace à la fin de la ligne.

3. Revenez au début de la ligne avec origine. Puis, sélectionnez le mot « janvier » avec majuscule et sept flèches vers la droite.

4. Tapez la lettre T. La sélection a disparue et a été remplacée par la lettre T.

5. Annulez cette opération avec ctrl-z. Le mot « janvier » est réapparu, toujours surligné.

6. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur le caractère J qui marquait le début du passage sélectionné.

7. Sélectionnez toute la ligne avec majuscule flèche bas. JAWS vous lit les mois de janvier à décembre qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

8. Réduisez maintenant la sélection avec majuscule et neuf flèches vers la gauche. Le mot « décembre » est maintenant exclu de la sélection.

9. Sortez de la sélection avec une flèche droite, votre curseur est placé sur le D de décembre. Quand toute la ligne est surlignée, un caractère invisible est ajouté qui est le marqueur de fin de ligne ou de paragraphe. Il faut donc faire neuf déplacements plutôt que huit pour se retrouver sur le D de décembre.

Comme la sélection utilise toujours des touches de déplacement, ajoutez à votre bagage quelques nouvelles commandes de déplacement qui vous faciliteront la vie pour sélectionner des blocs entiers. Il s’agit de ctrl-flèche droite et ctrl-flèche gauche qui déplacent le curseur d’un mot entier et le placent au début du mot suivant ou précédent. Une fois jumelées à la touche majuscule, ces commandes vous permettront de sélectionner le mot suivant ou le mot précédent en une seule opération. De même, vous pouvez ajouter la touche majuscule à d’autres commandes de déplacement que vous connaissez déjà pour en faire des commandes de sélection. Maj-ctrl-flèche haut et maj-ctrl-flèche bas vous permettent de sélectionner paragraphe par paragraphe, maj-origine et maj-fin, de sélectionner jusqu’au début ou à la fin de la ligne, maj-ctrl-origine et maj-ctrl-fin, de sélectionner jusqu’au début ou à la fin du document. Enfin, une commande à retenir absolument est la combinaison ctrl-a. Elle vous permet de sélectionner tout le document en une seule opération, vous permettant d’appliquer des changements globaux comme changer la police ou la taille des caractères.

 

Exercice d’application 2 :

Utiliser la sélection avec f8.

 

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

2. Revenez deux mots en arrière en exécutant deux fois ctrl-flèche gauche. Vous êtes maintenant au début du mot « octobre ».

3. Sélectionnez le mot « septembre » avec f8, suivi de ctrl-flèche gauche et terminez la sélection avec la touche échapper. Vérifiez le résultat avec votre afficheur braille ou, vocalement, avec majuscule insère-flèche bas, majuscule-0-2 sur le pavé numérique. Attention, vous devez utiliser la majuscule de gauche.

4. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur la lettre S qui marquait le début du passage sélectionné.

5. Allez au début de la ligne avec origine.

6. Sélectionnez les mots « janvier » à « mai » avec f8 et ctrl-flèche droite, mais n’utilisez pas immédiatement la touche échapper. JAWS vous lit les mots janvier jusqu’à mai qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

7. Réduisez maintenant la sélection avec ctrl-flèche gauche deux fois et terminez la sélection avec échapper. Les mots « janvier » à « mars » sont maintenant sélectionnés.

8. Sortez de la sélection avec une flèche droite, votre curseur est placé sur le A de « avril » qui suit immédiatement le passage qui était sélectionné.

 

Exercice d’application 3 :

Utiliser la sélection braille.

 

1. Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%.

2. Revenez deux mots en arrière en exécutant deux fois ctrl-flèche gauche. Vous êtes maintenant au début du mot « février ».

3. Sélectionnez le mot « février » avec la commande sélection braille au début et à la fin du mot. Vérifiez le résultat avec votre afficheur braille.

4. Sortez de cette sélection vers la gauche avec flèche gauche. Le curseur se place sur la lettre F qui marquait le début du passage sélectionné.

5. Allez au début de la ligne avec origine.

6. Sélectionnez les mots « janvier » à « novembre » avec la commande sélection braille sur le J de « Janvier », la commande droite de votre afficheur braille et l’espace qui suit le mot « novembre ». JAWS vous lit les mots janvier jusqu’à novembre qui vous apparaissent également avec le repère braille sur votre afficheur braille.

7. Sortez de la sélection avec une flèche droite. Votre curseur est placé sur le D de « décembre » qui suit immédiatement le passage qui était sélectionné.

Maintenant que vous avez expérimenté les trois techniques de sélection, vous pourrez choisir celle que vous préférez retenir.

 

Utiliser le presse-papiers.

La sélection de texte est le premier pas vers des opérations d’édition de texte beaucoup plus importantes. Vous allez donc apprendre à couper, copier et coller des portions de texte. Ces trois opérations marquent sans conteste la supériorité du traitement de texte sur la machine à écrire. Pour couper ou copier du texte, il faut commencer par le sélectionner. C’est la façon d’indiquer à Windows sur quelle portion du texte portera l’opération. Si vous coupez le texte avec ctrl-x, il disparaîtra de son emplacement actuel et pourra reparaître à un autre endroit si vous décidez de le coller avec ctrl-v. C’est une façon de le déplacer.

Pour le copier, la commande à utiliser est ctrl-c. Pour vous aider à mémoriser ces commandes. Remarquez qu’elles sont toutes situées sur la dernière ligne de votre clavier à l’extrême gauche. La première de la série est le Z pour la commande annuler que nous avons vue plus haut. La deuxième est le X qui sert à couper et qui ressemble, en imprimé, à une paire de ciseaux ouverts. La troisième est le C comme dans copier. La dernière est le v, pour coller, comme dans velcro.

Si vous voulez simplement détruire le texte sélectionné, vous pouvez utiliser la touche supprimer ou retour arrière. Le texte sera alors enlevé sans être placé dans le presse-papiers. Quand il est coupé ou copié, le texte est placé temporairement dans un endroit appelé le presse-papiers et peut y demeurer jusqu’à ce que vous en ayez besoin ou que vous quittiez Windows.

 

Exercice d’application 4 :

Utiliser le presse-papiers pour couper et coller.

 

1. Vous avez complété l’exercice 5 et vous êtes dans un document Word intitulé Exercice 2, au début du mot « décembre ». Assurez-vous que votre affichage est configuré en mode normal et en zoom 75%. Sinon, exécutez la procédure pas à pas indiquée plus haut.

2. Sélectionnez le mot « décembre » avec maj-ctrl-flèche droite ou la commande sélection braille de votre afficheur braille.

3. Coupez-le avec ctrl-x.

4. Allez au début de la ligne avec origine et collez-le avec ctrl-v. Remarquez que Word gère les espaces de façon intelligente et a donc ajouté automatiquement une espace entre les mots « décembre » et « janvier ». Le curseur est placé après l’élément collé, au début du mot « janvier ».

5. Déplacez-vous au mot « novembre » avec ctrl-flèche droite répété autant de fois que nécessaire. Sélectionnez le mot « novembre » avec maj-ctrl-flèche droite ou à l’aide de votre afficheur braille.

6. Coupez-le avec ctrl-x.

7. Revenez en arrière jusqu’au début du mot « janvier » avec ctrl-flèche gauche répété autant de fois que nécessaire et collez-le avec ctrl-v. Remarquez encore une fois que Word a ajusté correctement le nombre d’espaces avant et après le mot.

8. Poursuivez cet exercice en utilisant les mêmes commandes jusqu’à ce que les douze mois soient disposés en ordre chronologique inversé de décembre à janvier.

Cela peut vous paraître fastidieux, mais la répétition contribuera à faire de cette manœuvre un réflexe sur lequel vous pourrez désormais compter, vous permettant de vous concentrer sur le contenu et non plus sur la technique.

 

II. CONCEPTION D’UN DIDACTICIEL

Description des technologies ou logiciels utilisés pour la réalisation du didacticiel

Configurer le PC pour optimiser Jaws : quelques règles techniques

Les réglages de Windows et des applications

L’évolution de Jaws permet de s’affranchir de certaines restrictions relatives au mode d’affichage et à l’apparence de Windows. Jaws accepte de travailler dans toutes les résolutions mais la compatibilité maximum est assurée pour 1024*768 pixels. Pour une meilleure lisibilité, notamment sous Windows XP, il est souhaitable d’utiliser l’apparence Windows Standard.

 

Configurer le menu Démarrer de Windows XP

Par défaut, le menu Démarrer de Windows XP se présente sur deux colonnes et ses options se modifient en fonction de l’utilisation. Afin de travailler dans de meilleures conditions, il est recommandé de lui donner une apparence standard.

1. Amener le curseur sur le bouton Démarrer (touche Windows puis [Echap]), ouvrir le menu contextuel et valider sur l’option Propriétés.

2. Aller, si nécessaire, dans l’onglet Menu démarrer et cocher le bouton radio Menu Démarrer classique puis valider.

 

 


Laisser un commentaire

Micro 1311 |
lemajordome |
Le blog de Igor-Thomas-Aure... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | iTouch Mag
| applemania
| Agence Créativ'